Charles Hedrich: seul à la rame, sous les alizés

Jeudi 25 octobre 2012 à 13h42

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Alors qu’il entame la deuxième partie de son aller-retour sur l’Atlantique, le rameur Charles Hedrich nous a accordé une interview. Voici le premier d’une série de trois rendez-vous avec l’aventurier.


crédits photo: Respectons la terre

« Le jour vient de se lever, je suis sous les alizés, le vent souffle à 12/13 nœuds. Ce sont des conditions idéales : mon bateau est porté par le vent mais il ne gigote pas trop. En plus, il ne fait vraiment chaud que trois à quatre heures par jour, grâce à une brise qui rend ce climat tropical supportable. » La voix est dynamique, enthousiaste. Difficile de croire que notre interlocuteur a quitté la terre ferme début juillet, ramé de Saint-Pierre-et-Miquelon jusqu’au Cap Vert avant de faire demi-tour entre deux îles et de repartir pour encore 1800 milles nautiques. « Actuellement, c’est presque la croisière s’amuse ! Je n’aurais jamais dit ça en début de parcours. » Son défi a débuté par une semaine de de mal de mer dans un bateau très instable, « j’étais balloté dans tous les sens », et dans la brume. Charles Hedrich a dû ramer jusqu’à 18 heures par jour le long des côtes de Terre-Neuve.
Une première partie éprouvante
Mi-août, le bateau de Charles Hedrich a fait un tour sur lui-même à 360°. « C’était très impressionnant mais je l’ai vu arriver », nuance le rameur, fort d’un entrainement avant le départ. Avec le recul, Charles Hedrich n’a pas le sentiment d’avoir été en danger mais ce fût une nuit forte en émotion. « Il y avait 45 nœuds de vent et des creux impressionnants, je dirais 6 à 7 mètres. Je me doutais que je risquais de chavirer donc je me suis préparé », explique-t-il. Il a tout attaché, placé ses antennes à l’horizontale et il s’est réfugié à l’intérieur de son embarcation. « Lorsque le bateau s’est retourné, j’étais en combinaison de survie depuis un moment. Mais j’ai été estomaqué par la violence du choc, un déferlante, plus ou moins de travers, a jeté mon bateau sur le toit, il y a eu un choc terrible. » Aussitôt, Charles Hedrich se retrouve dans le noir, sa lampe frontale ayant rendu l’âme. « J’ai dû patienter pendant toute la nuit, sans savoir si l’accident avait fait plus de dégâts. Heureusement, au lever du jour j’ai pu constater que mon embarcation était en bon état. » Depuis lors, Charles Hedrich utilise sa lampe frontale de secours. « Pendant toute cette période, j’étais dans l’action, analyse-t-il. Paradoxalement, j’ai plus de pression maintenant car je suis dans la partie qui est normalement la plus facile. Je ne voudrais vraiment pas devoir abandonner maintenant. » Charles Hedrich pense poser le pied sur la terre ferme des Antilles entre le 30 novembre et le 4 décembre, après 5 mois de navigation.
 

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