D’un pôle à l’autre, la poésie des glaces

Samedi 3 novembre 2012 à 11h07

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Le voilier d’exploration Tara est en escale sous le pont Alexandre III. A cette occasion, le correspondant d’exploration, Vincent Hilaire, présente son voyage glacé, en images et en noir et blanc.


crédits photo: Vincent Hilaire / fonds Tara

« J’ai eu la chance de vivre ce dont j’avais toujours rêvé », lorsqu’il revient sur ses deux expéditions aux pôles, Vincent Hilaire a les yeux éclairés par la passion et le rêve. « A l’occasion de mes deux dernières navigations, Tara Arctique et Tara Océans, j’ai pu découvrir les deux pôles. D’abord, l’Arctique, pendant la nuit polaire, sur un voilier emprisonné par les glaces. Et trois ans plus tard, je naviguais en Antarctique pendant l’été austral, au moment du jour permanent. » Vincent Hilaire ne se lasse pas de décrire sa chance inouïe, celle de vivre les deux saisons polaires, celles qui se passent simultanément de chaque côté de la terre.


Face A, face B
 

Dans la salle obscure, à quelques mètres du voilier Tara, les clichés en noir et blanc se répondent, unis par la poésie de la glace. Pourtant, les deux pôles ont des profils très différents. Au nord, c’est une banquise de mer, « un pays reclus où l’homme n’est que de passage. Pendant cette aventure, il n’y avait que nous, piégés dans la glace ». La série de photos sur le pôle nord évoque la vie collective d’un équipage reclus en terre hostile. Au sud, l’Antarctique est une vraie terre recouverte de glace. « Pendant l’été austral, nous avons assisté à une explosion de vie avec la naissance des manchots et des baleines à bosse, les baleineaux. » Une banquise en sommeil en nord et un pôle en renaissance au sud.
 

La clarté d’une nuit interminable


« Parmi mes souvenirs les plus marquants, reprend Vincent Hilaire, il y a les nuits de pleine lune pendant la nuit polaire. La banquise est blanche, illuminée par la lune alors qu’on ne voit plus le soleil pendant trois mois et demi. » Au pôle nord, le photographe a su capter la moindre source de lumière pour structurer ses clichés. « J’ai choisi de m’exprimer en noir et blanc parce que c’est comme cela que j’ai commencé à photographier, au début de ma carrière, se rappelle Vincent Hilaire. J’avais l’intuition que le noir et blanc fonctionnerait dans la nuit polaire et quand je suis descendu en Antarctique, j’ai voulu poursuivre le voyage de cette façon. »
 

Un bateau revenant


Lorsqu’on demande à Vincent Hilaire s’il a une photo préférée, il se dirige directement vers celle qui s’appelle La Baleine, le surnom affectueux donné à Tara, « une baleine aux fanons de métal givrés dans la nuit, dont les larges flancs offrent un cocon chaud et douillet au milieu de ces froides ténèbres. » Cette vue de face montre le voilier pris dans la glace, dans la nuit polaire, le gréement simplement éclairé par les feux de pont installés sur le mât. « Tara est dans une nuit polaire, tellement noire, et on a l’impression que c’est un bateau qui surgit d’une autre planète, que c’est un bateau fantôme. »

D'un pôle à l'autre, la poésie des glaces, du 3 novembre au 30 janvier 2013: Quais de Seine Pont Alexandre III

 

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La bande-annonce de l'exposition
 


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