Sauveteurs en mer : préserver l’esprit de bénévolat

Mercredi 9 janvier 2013 à 10h27

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Avec un pôle de formation inauguré en juillet 2011, les Sauveteurs en mer ont placé l’année 2012 sous le sceau de la formation des bénévoles. Yves Lagane, le président des Sauveteurs en mer (SNSM) a répondu à nos questions.


crédits photo: SNSM Audierne

Pourquoi avoir donné un nouvel élan à la formation ?


Nous avons souhaité préserver l’esprit de bénévolat dans un environnement qui a tendance à se judiciariser. Aussi, nous avons développé le pôle de formation au sauvetage de Saint-Nazaire (inauguré en juillet 2011) pour structurer le processus de progression de nos sauveteurs. Nous voulons leur donner les clefs pour maîtriser les situations les plus complexes. Le bénévolat est une notion fragile qu’il nous faut protéger. Le bénévole vient par passion, par amour de la mer et par amitié, de son côté la SNSM doit lui apporter la sécurité, une protection contre toute atteinte. C’est une problématique que l’on retrouve dans tout le monde associatif.


Comment fonctionne ce centre ?

 

Il est géré par quatre permanents et une cinquantaine de formateurs bénévoles. Quatre permanents sont présents au centre pour assurer les formations sur la conduite d’un bateau en toute sécurité, le remorquage, les premiers gestes de secours, le sauvetage aquatique pour les personnes en difficulté dans l’eau ou les interventions sur une embarcation retournée, mais aussi l’intégration dans un processus opérationnel existant avec le CROSS (centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage). Nous souhaitons étendre la formation à la Méditerranée avec un centre qui serait à Saint-Mandrier. Nous attendons les financements pour lancer ce projet.


Dans quels cas la responsabilité des sauveteurs peut-elle être engagée ?
 

Un patron d’embarcation engage sa responsabilité personnelle lors d’un sauvetage et il pourrait être amené à rendre des comptes. Nous développons donc un parcours qualifiant pour que ces sauveteurs puissent prouver, et nous derrière, qu’ils avaient toutes les qualifications requises. Et il n’y a pas que les bénévoles qui ont des responsabilités qui sont concernés. En effet, tous les sauveteurs ont vocation à recueillir de l’argent pour le fonctionnement des sauveteurs en mer, cela en toute transparence. Aujourd’hui, nous n’avons pas de module de formation spécifique mais nous organisons des rencontres et nous créons un guide, un référentiel, pour les aider.


Vous recrutez à la fois des sauveteurs dans l’eau et des sauveteurs du large. Quel est le profil des premiers ?


Les sauveteurs dans l’eau ont en moyenne 33 à 34 ans, nous les recrutons majoritairement pendant leurs études, souvent à vocation sportive, et nous cherchons à les fidéliser. Nous avons des médecins ou des professionnels de la sécurité civile (samu, pompiers) qui viennent acquérir chez nous des qualifications qui peuvent être valorisées.
 

Et quel est le profil des sauveteurs du large ?


Ce sont souvent des jeunes retraités dont la moyenne d’âge est 52/53 ans, nous avons mis en place une limitation d’âge à 65 ans pour inciter au renouvellement. Sur 100 sauveteurs, 15 viennent de la pêche, 15 autres sont d’anciens professionnels de la marine marchande et nationale, 15 sauveteurs viennent de métiers qui touchent au nautisme (construction, réparation, ports de plaisance) et enfin 56 sont des plaisanciers. C’est un grand changement car il y a encore 40 ans, le monde de la plaisance s’opposait au monde de la marine professionnelle. Les plaisanciers sont plein de qualifications qui nous sont très utiles, ils représentent un tissu social très riche.


Est-ce que le grand public comprend le rôle des Sauveteurs en mer ?
 

Plusieurs d’enquêtes d’opinion ont montré une incompréhension pour le grand public. Ils pensent que nous sommes un service d’Etat, or nous sommes une association de droit privé. Nous recevons des aides de l’Etat mais elles ne représentent que 10 % de notre budget. D’autre part, ils nous imaginent fonctionnaires alors que nos sauveteurs sont bénévoles. Nous souffrons de la confusion entre SNSM et SNCF ou SNCM (compagnie de transport maritime). Nous préférons donc mettre en avant l’appellation Sauveteurs en mer qui est plus transparente. Nous fonctionnons grâce aux 50 000 donateurs qui se sont mobilisés en 2012 (don à partir de 20 euros pour être comptabilisé comme membre associé), sans oublier les urnes en forme de canots qui accueillent des dons anonymes.
 

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