Ils ont dépassé le million de coups de rame

Samedi 2 mars 2013 à 13h03

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Julien Bahain, médaillé olympique en aviron, et Patrick Favre, un habitué des transatlantiques ont bouclé leur traversée en 49 jours, 2 heures et 59 minutes d’effort… à raison de 21 600 coups de rames quotidiens !


crédits photo: Jean-Michel André / AFP

Ils rêvaient du record mondial de 40 jours et décrochent le record de France, les deux rameurs ont rempli leur objectif de rentrer dans le top 10 mondial (8e temps). Une belle performance pour des sportifs qui ont monté leur traversée en 3 mois avec un budget de 50 000 euros. « Nous avions 1 à 2 jours d’avance sur le record mondial pendant les trois premières semaines de course, rappelle Patrick Favre. Mais nous avons dû patienter trois jours au milieu de l’Atlantique avec des vents contraires. » Devant cet aléas de course, Patrick Favre relativise : « Ce n’était pas de chance mais cela aurait pu être pire : nous aurions pu rester bloqué pendant 10 jours. Et puis nous avons aussi eu de la chance pendant les premiers jours de course. »

Une dernière belle frayeur

Le moment le plus compliqué à négocier pendant la traversée n’a pas été ces trois jours rageants au beau milieu de l’océan mais la périlleuse arrivée. « Je crois n’avoir rien vécu d’aussi dangereux, nous confie Patrick Favre. Avec la marée, les rochers, les déferlantes énormes et la houle contraire, nous n’en menions pas large. A ce moment-là, tu sais que si tu te fais rouler par les rochers, tu es mort… Ou du moins, certainement pas en bon état. » Quelques minutes avant de toucher terre, les deux rameurs ne pensaient donc qu’à sauver leur peau. « Heureusement, Julien était là (ndlr : champion olympique d’aviron). Il a ramé comme pour une finale olympique pendant une heure. Et nous n’avions pas le choix, il fallait envoyer du gros pour vaincre ces vagues. » Même les pêcheurs ne sont pas sortis ce jour-là.

 

Deux expériences différentes

 

Une fois à terre, les deux rameurs ne tirent pas la même conclusion de cette transatlantique. Une dizaine de jours avant l’arrivée Julien Bahain nous confiait ne surtout pas vouloir retenter l’expérience. L’accueil chaleureux réservé par les Martiniquais et par ses proches ne l’ont pas fait changer d’avis. « Je prends ce qu’il y a à prendre, nous expliquait-il quelques minutes après son arrivée. Mais je ne repars pas. » Le jeune champion est apparu amaigri, délesté de 10 kilos. Il a également beaucoup souffert de douleurs aux fesses qui l’ont obligé, pendant la traversée, à empiler de nombreuses couches de vêtements sur son siège pour pouvoir s’asseoir à son poste. Sur le plan psychologique, le jeune rameur ne connaissait pas la mer avant de prendre le large et il avouait même sa peur de l’eau au moment de quitter la terre ferme. Depuis, les paquets de mer de l’Atlantique l’ont maintes fois baptisé.


De son côté Patrick Favre pense déjà à sa prochaine transatlantique ou plutôt à ses trois projets de traversée. Le premier le conduirait en solo dans l’Atlantique nord ou les conditions maritimes sont plus compliquées. Le rameur est également tenté par une autre transatlantique classique en duo. Enfin, il souhaite battre le record absolu de 32 jours, détenu par un équipage de 6 personnes. « Pendant notre transatlantique, un équipage mené par Simon Chalk a tenté l’aventure mais il ont finalement mis 34 jours et 15 heures à faire la traversée. » Patrick Favre a déjà une expérience de la transatlantique à la rame en équipe et il aimerait bien constituer un équipage franco-français pour se mesurer à l’actuel record. « Peut-être pourrions-nous partir en même temps qu’un équipage de Simon Chalk ? » lance-t-il avec enthousiasme. Manifestement, Patrick Favre pourrait repartir demain. « Psychologiquement oui. Mais physiquement je suis rincé. Il me faut maintenant 6 à 8 mois pour récupérer » précise cet habitué des transatlantiques.

 

Un casting de choix

 

Une nouvelle traversée en duo entre Julien Bahain et Patrick Favre est donc peu probable. Pourtant, ce dernier parle avec chaleur d’un casting parfait. « Et heureusement ! commente Patrick Favre. Sur un rameur, grand comme une cabine téléphonique, tu ne peux pas t’isoler. Tout est exacerbé et, dans ces conditions, Julien n’a pas été très bon, il a été exceptionnel. » Patrick Favre salue la volonté de fer du champion olympique. « Même quand il était à bout de nerfs, il a eu la bonne habitude, à savoir exprimer ce qu’il ressentait, observe le rameur. Et cela ne l’empêchait pas d’être dans l’action. » Patrick Favre parie que dans ces conditions, 99% des gens auraient baissé les bras et appelé un cargo à la rescousse. « Et pourtant l’eau, ce n’est pas son truc, ajoute-t-il. Il a dû aussi gérer l’imprévu d’une transatlantique à la météo changeante alors que sur un stade d’aviron, tout est prévu au millimètre près. » Les deux rameurs se rappellent également de francs moments de rigolade.

 

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