Les fonds sous-marins en danger

Samedi 9 mars 2013 à 11h03

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D’ici deux ans, le chalutage profond ainsi que la pêche aux filets maillants de fond devraient être interdits dans les eaux européennes. Une mesure en discussion au Parlement européen et qui doit beaucoup au combat de l’association Bloom.


Crédits photo : BORIS HORVAT/STF

Elle a été nommée « Femme de l’environnement 2012 » lors de la 20ème édition du Trophée Femmes en or. Claire Neuvian, fondatrice de l’association Bloom, se bat depuis huit ans pour protéger les victimes silencieuses des navires de pêche industrielle. Elle est l’auteure du livre « Abysses » et commissaire de l’exposition du même nom, présentée cette année à l'Océanopolis de Brest. Elle se bat contre le chalutage profond, « une méthode de pêche détruisant des coraux millénaires et des espèces fragiles comme les éponges qui renferment des secrets biologiques et pharmaceutiques dont pourrait bénéficier l’humanité entière. » Les scientifiques, unanimes, estiment que cette méthode de pêche a un impact potentiellement irréversible sur les écosystèmes et les espèces vulnérables des grands fonds marins. Si le chalutage profond est interdit dans l’océan austral et au-delà de 1 000 mètres de profondeur en Méditerranée, il ne l’était que partiellement dans les eaux européennes.


Une aberration écologique et économique


En juillet 2012, la Commission européenne adopte une proposition définissant pour les dix prochaines années les règles de gestion des pêches menées en eaux profondes. Le texte, actuellement en discussion au parlement européen, « marque une avancée décisive dans la protection des océans profonds et fait preuve de courage en décidant de mettre fin à une aberration écologique et économique», commente la directrice de Bloom. Seule la France a combattu ce règlement, protégeant les intérêts de ses armements qui pratiquent la pêche profonde, fortement soutenus par des subventions publiques. Mise en cause par l’association Bloom, la Scapêche, la flotte du groupe Intermarché, est largement sous perfusion publique. Sans ces aides, son activité, très gourmande en carburant, ne serait pas rentable. « Il ne s’agit plus de pêche mais de captation de ressources marines sauvages pour la grande distribution sur le dos des contribuables », s’indigne Claire Neuvian. Une pratique qui bientôt ne devrait plus avoir cours.
 

 

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