Les eaux de ballast, véritables nids à microbes

Mardi 19 mars 2013 à 07h27

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7.000 espèces de bactéries sont transportées dans les eaux de ballast des navires de marine marchande et rejetées en mer. Leur purification va devenir inéluctable. Une entreprise française est sur les rangs.


Crédits photo : HECTOR MATA / AFP

Vibrions du choléra, puces de mer et autres espèces invasives dommageables pour l’équilibre écologique marin… Plus de 45.000 navires transportent, d’un continent à l’autre, ces dangereux passagers clandestins dans leurs eaux de ballast. Leur rejet en mer provoque de nombreux dégâts sur la biodiversité marine. Depuis 2004, une directive imposant la purification des eaux de ballast est en discussion sous l’égide de l’Organisation Maritime Internationale (OMI). Elle a déjà été ratifiée par de nombreux pays et devrait entrer en vigueur prochainement. De leur côté, les Etats-Unis font cavaliers seuls et ont décidé sans attendre de rendre la purification des eaux de ballast obligatoire à la fin de l’année 2013.


Un marché estimé à 12 milliards de dollars


Une trentaine de sociétés sont sur les rangs car les perspectives sont particulièrement juteuses. Il va falloir purifier les eaux de ballast de la marine marchande du monde entier, un marché estimé à 12 milliards de dollars. Une seule firme française est sur les rangs. Il s’agit de Bio-UV, entreprise spécialisée dans le traitement des eaux usées, potables ou de piscine. Elle a investi 3 millions d’euros dans la recherche et le développement pour mettre au point Bio Sea. Ce procédé permet de filtrer et de décontaminer les eaux de ballast. Il a reçu en février la certification via le bureau Veritas. « Nous avons testé Bio-Sea sur un navire contenant 3.000 m3 d’eaux de ballast et sur un autre de 500 m3 dans des mers aux composés différents. L’expérimentation a parfaitement réussi et nous avons aujourd’hui de nombreux projets de décontamination de bateaux », explique Xavier Deval, directeur commercial de l’activité Bio Sea. Pour y faire face, Bio UV, qui emploie 47 salariés en France et 12 aux Etats-Unis, a construit une nouvelle unité de production dans l’Hérault. Unique entreprise française sur ce marché, c’est aussi la seule à proposer un traitement des eaux par filtration UV, ses concurrents utilisant des substances chimiques. « Théoriquement, ces substances sont neutralisées avant d’être rejetées à la mer. Mais elles vont produire une corrosion interne des ballasts », souligne Xavier Deval.

 

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