La vie épique de l’officier de marine Estienne d’Orves

Jeudi 21 mars 2013 à 16h09

Avant de rejoindre Charles de Gaulle à Londres en 1940, Honoré d’Estienne d’Orves a sillonné le monde à bord de bâtiments de la marine Nationale. Pour la première fois, ses carnets de voyage sont publiés.


Il porte un chapeau mou, un costume trois-pièces, une élégante pochette mais ce qui frappe dans cette photo d’Honoré Estienne d’Orves, prise à Shangai en février 1927, c’est son air souriant, un tantinet goguenard, la clope au bec. Il est de ces personnalités qui ont traversé leur époque avec une élégance innée. Né en 1901, il fait partie d’une famille de lettrés. Sa tante a épousé André Maurois. Son cousin n’est autre qu’Antoine de Saint-Exupéry. Il l’encouragera à présenter à Gide son manuscrit « Courrier Sud ». Sa cousine se nomme Louise de Vilmorin. Adolescent, Estienne d’Orves visite toute l’Europe avec ses parents, le goût des voyages ne le quittera plus. Il rejoint l’Ecole Navale et embarque sur la Jeanne d’Arc en 1923. Les Etats-Unis, les Caraïbes, puis le Vietnam, la Chine, le Japon, le jeune homme ardent lecteur des poètes surréalistes cherche une harmonie avec le monde qui l’entoure. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, il effectuera plusieurs tours du monde comme officier de Marine et ne cessera d’écrire.


Des textes restés inédits, presque secrets


Le lieutenant de vaisseau tient son journal de bord, avec des faits précis ou des impressions jetées à la hâte. Il écrit au fil de la plume avec un grand naturel, relatant ses rencontres, attentif aux autres, du modeste pêcheur à l’ambassadeur. S’il a sillonné la planète entière, Honoré Estienne d’Orves passera les derniers mois de sa vie entre les quatre murs d’une cellule de prison. Ayant rejoint le Général de Gaulle dès 1940, il tente de monter le premier réseau d’espionnage dans la France occupée. Dénoncé, il sera arrêté par les Allemands, torturé puis fusillé en 1941. Il deviendra un héros de la Résistance célébré par Aragon dans son poème « La rose et le réséda ». Ecrits au crayon sur de petits carnets, ses textes étaient restés inédits, presque secrets. Sa veuve les avait enfermés au fond d’une valise, les gardant comme des reliques précieuses. Aujourd’hui, les derniers descendants d’Estienne d’Orves ont accepté de publier ces carnets de voyage, présentés et annotés par Etienne de Montety, directeur du Figaro littéraire et biographe de l’auteur.


Je ne songe qu’à vivre, par Honoré Estienne d’Orves – Présentation d’Etienne de Montety
. Editions Arthaud – Collection L’esprit voyageur.

 

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