Amoco-Cadiz : les leçons d’un naufrage

Dimanche 24 mars 2013 à 07h34

Il y a 35 ans, le pétrolier supertanker s’échouait sur la côte nord de la Bretagne provoquant une catastrophe écologique sans précédent. Depuis, les pouvoirs publics ont mis en place des moyens de prévention. Sont-ils suffisants aujourd’hui ?


Crédits photo : Jean-Pierre Prevel / AFP

Ce 16 mars 1978, l’Amoco-Cadiz, qui transporte 227 000 tonnes de pétrole brut vers Rotterdam, subit une avarie de gouvernail au large d’Ouessant. Il demande l’assistance d’un remorqueur. Le Pacific entame un remorquage mais la chaîne casse. Le pétrolier dérive vers la côte. Son capitaine a mis les machines en arrière mais le vent d’ouest souffle à force 8, avec des rafales à 10 et l’Amoco-Cadiz s’échoue près de Portsall. Son naufrage provoque une marée noire polluant 360 kilomètres de littoral entre Brest et Saint-Brieuc. Elle est considérée comme l’une des pires catastrophes écologiques de l’histoire et mobilise des milliers de citoyens qui protestent contre l’immobilisme des pouvoirs publics. En septembre 1979, les remorqueurs de haute mer l’Abeille Flandre et l’Abeille Languedoc sont respectivement mis en place à Brest et à Cherbourg, sous l’autorité du Préfet Maritime. La même année des rails de circulation des navires sont rendus obligatoires dans la Manche et à la pointe Bretagne. En 1988, le Cedre (Centre de documentation, de recherche et d’expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux) est créé à Brest. Ce centre joue un rôle d’aide à la décision en cas de pollution.


Des pilotes à bord des navires


Selon l’association Mor Glaz, « l’ensemble de ces mesures a évité 21 catastrophes équivalentes à celle de l’Amoco-Cadiz ». Mais restent-elles aujourd’hui suffisantes alors que les navires sont devenus gigantesques et que le personnel à la passerelle est souvent insuffisant ? Il y a quelques jours, l’Abeille Bourbon, le remorqueur qui a remplacé l’Abeille Flandre à Brest, a réalisé un exercice de remorquage du Marco Polo, le plus grand porte-conteneurs du monde. L’opération s’est bien déroulée mais la météo était particulièrement clémente. Aux yeux des experts maritimes, le trafic commercial est si soutenu en Manche qu’il faudrait des pilotes à bord de chaque navire. Autre sujet d’inquiétude : depuis le départ de l’Abeille Languedoc de La Rochelle, il n’y a plus de remorqueur en alerte en cas de problème dans le Golfe de Gascogne. L’association Mor Glaz ainsi que de nombreux élus du littoral militent pour la venue d’un remorqueur. En espérant qu’il ne faudra pas une nouvelle catastrophe pour ouvrir les yeux des pouvoirs publics.
 

 

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