Planet Solar part à la poursuite du Gulf Stream

Mercredi 27 mars 2013 à 12h08

Planet Solar est le premier bateau, uniquement alimenté à l’énergie solaire, à avoir bouclé un tour du monde. Ce mardi, il est reparti en expédition pour remonter le Gulf Stream.


crédits photo: Planet Solar

Après avoir réussi à prouver l’utilité de l’énergie photovoltaïque pour la navigation en bouclant un tour du monde, le Planet Solar entame une nouvelle vie comme plateforme de recherche scientifique. La mission suisse Deep Water, menée le climatologue et co-détenteur du Prix Nobel Martin Beniston, souhaite étudier le Gulf Stream, de sa naissance en Floride à son extrémité dans le Grand Nord. « Habituellement, les missions scientifiques sont courtes – deux à trois semaines – et se focalisent sur un aspect particulier, observe le chercheur. Mais cette fois-ci nous allons parcourir l’ensemble du parcours, plus de 8000 kilomètres, c’est une occasion unique. »

Le Gulf Stream remonte les eaux du golfe du Mexique jusque sous nos latitudes, nous permettant de bénéficier d’une eau de 3 à 5°C plus élevée que ce qu’elle serait sans ce courant. Voilà pourquoi nous bénéficions d’hivers plus doux que nos voisins américains. Quand on pense que Bordeaux et Montréal sont à la même latitude, on comprend facilement le rôle du Gulf Stream. Un courant souvent étudié par diverses missions scientifiques mais Martin Benison pointe le manque de connaissances de sa structure fine. « Nous voulons mieux comprendre son évolution et évaluer sa stabilité », précise-t-il. Des capteurs ont donc été installés sous les flotteurs du catamaran photovoltaïque, mais aussi dans l’air pour étudier le contenu chimique et biologique des embruns. « Nous voulons étudier les interfaces entre l’eau et l’atmosphère », explique Martin Beniston. Les données récoltées permettront d’affiner les modélisations numériques météorologiques et océaniques.
Des capteurs de salinité et de température installés sur le Planet Solar pourront ainsi permettre de suivre les eaux du golfe du Mexique et celles issues de la fonte des glaces au Nord. En effet, l’une des théories sur le Gulf Stream pose l’hypothèse que ces eaux très froides feraient barrage au courant marin. « Cela pourrait mener à la stagnation ou au refroidissement de notre climat », explique Cyrille Duchesne, prévisionniste pour Météo Consult – La Chaîne Météo.

 

Pourquoi Planet Solar ?
 

La mission scientifique suisse commencera ses recherches à bord du Planet Solar au mois de mai prochain. « Nous avons choisi le Planet Solar parce que nous ne voulons pas que l’air capturé pour notre étude soit pollué par une quelconque émission venant du bateau » commence le scientifique. Le Planet Solar étant uniquement porté par ses 537 m2 de panneaux solaires, il n’y a aucun risque de ce côté-là. « Ensuite, nous pensons que le Planet Solar est un bon vecteur pour intéresser le grand public », ajoute Martin Beniston. Le bateau fera escale dans les villes de Miami, New York, Boston, St-John’s, Bergen et Oslo.
 

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