Energies renouvelables : les industriels réclament l'aide de l'État

Mardi 16 avril 2013 à 09h29

Mots clés :

Les industriels des Énergies marines renouvelables (EMR) réclament un engagement clair de l'État pour une filière qui maîtrise de mieux en mieux son sujet mais nécessite d'importants investissements à court et moyen terme, ont-ils expliqué lors de la Convention internationale des énergies marines renouvelables Thétis qui s'est tenue de mardi à jeudi dernier à Brest.


Crédits photo : Winflo/DCNS

"On a besoin de visibilité. En mer, tout est plus compliqué. Il faut arriver à sécuriser les investissements" notamment pour développer les parcs pilotes, a expliqué Stéphane Jédrec, directeur de la stratégie du groupe Nass&Wind associé à DCNS pour la mise en place d'éoliennes flottantes dont le premier démonstrateur "Winflo" devrait être installé en 2014 au large du Croisic (Loire-Atlantique).


Les chiffres montrent bien l'importance de l'enjeu : le parc éolien en baie de Saint-Brieuc où seront implantées à l'horizon 2018 une centaine de machines au large du Cap d'Erquy entraînera un investissement de 2 milliards d'euros.


Pour cette toute nouvelle filière au devenir prometteur, le secteur de la Recherche et du Développement ne doit pas être oublié des pouvoirs publics, l'industriel qui sera le premier à présenter la technologie la plus convaincante ayant toutes les chances de remporter la compétition au niveau national, européen et mondial.


Une meilleure visibilité est également réclamée pour le calendrier de mise en route des EMR. "Au Japon, l'État s'engage très fortement depuis Fukushima. Si on n'est pas prêts en 2020-2022, les Japonais viendront en France avec leur technologie et emporteront les marchés", explique M. Jédrec qui appelle à la mise en place en France des "bons dispositifs avec obligation d'imaginer les dispositifs de demain".


Parmi les autres pays très intéressés par les EMR et qui pourraient devenir des concurrents sérieux, l'étude annuelle de Ernst and Young menée en partenariat avec Thétis cite le Royaume-Uni, l'Irlande, et le Canada, des pays qui bénéficient d'une vraie politique publique forte. La Nouvelle-Zélande, la Belgique, la Suède et la Chine se positionnent également sur le marché. La France fait partie du trio susceptible de jouer un rôle dans le "marché de demain".


"Il ne peut y avoir d'émergence des énergies marines sans accompagnement institutionnel (…). Il manque les investissements d'avenir", insiste de son côté Vincent Denby Wilkes, Président de France Energies Marines.


Pour DCNS, partenaire du projet d'éoliennes flottantes avec le groupe éolien Vergnet, l'Ifremer (Institut français pour l'exploitation de la mer) et l'Ensta Bretagne (Ecole nationale supérieure de techniques avancées) la validation technologique doit passer par la construction d'une ferme pilote composée de 5 unités, montrant l'engagement d'énergéticiens.


"Une ferme pilote au large de l'île de Groix en 2016-2017" pourrait faire "émerger une nouvelle filière industrielle", souligne Christophe Chabert, directeur ingénierie et industrialisation de DCNS qui réclame lui-aussi "un soutien fort des autorités locales et nationales".


L'éolien flottant présente certains avantages, dont celui de ne pas être limité par la profondeur et de pouvoir aller chercher les meilleures ressources en vent. Reste à régler des problèmes de stabilité qui font l'objet d'études dans le bassin d'Ifremer à Brest.
La machine reste simple, facile à installer (par remorqueur) et à exploiter, selon ses concepteurs qui affirment pouvoir créer une filière industrielle pérenne sur plusieurs dizaines d'années, à condition que les pouvoirs publics ne s'en désintéressent pas.

 

 

LIRE AUSSI :

Winflo, première éolienne flottante française


SERVICE:
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 3264**.
Recevez la newsletter
tous les jeudis
* 3201 : Prévisions pour la France - 2,99€ par appel   ** 3264 : Prévisions pour le Monde - 2,99€ par appel
Fermer
Recevez chaque jeudi les coups de coeur de la rédaction