Quand les naufrages font les lois

Mercredi 24 avril 2013 à 10h01

Ce mercredi, les députés européennes Corinne Lepage et Isabelle Thomas organisent un débat sur la sécurité en Haute-Mer : que tirer de la jurisprudence Erika au niveau européen ? Rencontre avec l’une des intervenantes, Antidia Citores, experte de Surfrider sur les questions de transport maritime.


Crédits photo: Patrick Bernard / AFP

Hier à Paris, aujourd’hui à Bruxelles, Antidia Citores fait la navette pour convaincre les politiques de s’intéresser à l’océan. « Au niveau français, nous avons une bonne réception chez les politiques locaux, notamment ceux des régions victimes de dommages écologiques. Ils prennent souvent l’initiative de rechercher des fonds pour des projets transfrontaliers », observe l’experte de Surfrider. Elle regrette toutefois que la jurisprudence Erika ait poussé les députés à agir très rapidement, « pour écrire leur nom dans le marbre ». Surfrider cherche donc à « gonfler le ballon » de ces propositions lors des navettes entre l’Assemblée et le Sénat. « Au niveau européen, l’accueil est mitigé, poursuit Antidia Citores. La plupart des députés en poste ont travaillé sur le paquet législatif Erika III en 2009 donc ils connaissent le sujet. Comme ils sont en fin de mandature, ils savent que s’ils veulent y aller, c’est maintenant qu’il faut agir. Cela mettra le dossier sur la table pour les cinq ans à venir. De plus, les députés aiment avoir un dossier à défendre dans le cadre de leur candidature. » Mais la commission semble plus frileuse. « L’adoption du paquet législatif, en 2009, et sa transposition, en 2011, sont encore récents. Mais nous essayons de leur faire comprendre qu’il ne faut pas attendre une prochaine catastrophe pour agir, il faut engager maintenant un grand chantier sur le long terme », précise Antidia Citores. Les différentes législations européennes (Erika I et Erika II) étaient des conséquences directes de la marée noire de 1999 tandis qu’Erika III aurait très bien pu s’appeler le paquet Prestige, du nom de la marée noir de novembre 2002. « Sur le principe, les membres de la commission européenne savent qu’il faut anticiper les catastrophes plutôt que de légiférer après coup mais ils ont envie d’y aller doucement », ajoute l’experte.


L’Union européenne comme porte-voix
 

Ce mercredi, Antidia Citores, souhaite soulever plusieurs manques au niveau européen et notamment la formation des experts du fonds FIPOL – qui intervient lors des marées noires - par les compagnies pétrolières. « Nous pouvons envisager une formation de nouveaux experts via le CEDRE (centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux) qui propose déjà des programmes sur la dépollution », avance l’experte de Surfrider. La jeune femme aimerait également que les associations puissent se servir de l’UE comme d’un porte-voix dans les réunions internationales du fonds FIPOL. "Les ONG ne sont pas acceptées mais l’UE a un statut d’observateur, précise-t-elle. Nous souhaitons que le FIPOL prenne en compte le dommage écologique, en plus des dommages sociaux et économiques, et nous aimerions aussi améliorer l’accompagnement des victimes". De nombreux points à soulever ce mercredi, à Bruxelles, lors d’un débat qui réunit aussi bien les assureurs que les syndicats pétroliers ou les politiques.

 

LIRE AUSSI:

Amoco Cadiz, les leçons d'un naufrage

28 bus de déchets récoltés sur les plages

Une carte postale contre les sacs plastiques

 


SERVICE:
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 3264**.
Recevez la newsletter
tous les jeudis
* 3201 : Prévisions pour la France - 2,99€ par appel   ** 3264 : Prévisions pour le Monde - 2,99€ par appel
Fermer
Recevez chaque jeudi les coups de coeur de la rédaction