Nicolas Lunven, calme et détermination

Lundi 3 juin 2013 à 07h42

Le skipper de Generali est bien décidé à jouer le podium avec une préparation qui le satisfait. Il a essayé de prendre le plus d’informations possibles sur le fleuve pour maîtriser cet inconnu avec bancs de sable et vents de terre.


crédits photo: JM Liot

Comment avez-vous vécu les dernières heures avant le départ ?


On pourrait me caractériser comme quelqu’un de calme, à terre comme à mer. J’arrive avec un bateau ultra-préparé sur la course. La preuve, mon préparateur a eu le temps de visiter Bordeaux ! Je pense que j’ai tout mis en œuvre pour bien faire les choses. Après, j’ai un côté un peu fataliste - sans être défaitiste - donc on verra bien ce qui se passera sur l’eau. J’espère que cela sera positif mais j’ai aussi vécu le moins bon donc je sais que cela peut arriver. Je dirais qu’il faut avoir un détachement presque bouddhiste car toute situation peut se retourner, dans le bon comme dans le mauvais sens, et cela jusqu’au bout.

 

Qu’avez-vous changé sur votre préparation par rapport aux éditions précédentes ?


Je n’ai pas changé ma philosophie mais j’ai le sentiment d’avoir poussé le bouchon un peu plus loin dans chaque levier de performance. J’espère juste ne pas avoir oublié de levier. A chaque fois, j’arrive à progresser sur des petits points.

 

Que pensez-vous du parcours de cette édition ?

 

Quel dommage de ne pas aller en Irlande ! Ce sont là-bas qu'ont lieu mes étapes préférées: navigation rude et arrivées dans un havre de paix. Cependant, je ne suis pas pour autant déçu du parcours 2013 avec des découvertes à Bordeaux et Porto pour la première manche. Ensuite, le parcours est somme toute assez classique. La traversée est-ouest du Golfe de Gascogne est un peu moins fréquente mais la problématique reste la même, elle a juste changé de 45 degrés.

 

En 2010, vous avez vécu une étape particulièrement frustrante sur la première étape du Havre à Gijon. Avec le recul, qu’avez-vous appris de cet événement ?

 

Lors de cette première étape, mon grand spi s'est ouvert, juste après le Raz de Sein, à la tombée de la nuit, alors qu'il n'y avait pas tant de vent que cela. Or c'était la voile qu'il me fallait pour aller jusqu'à la ligne d'arrivée ! Par la suite, je n'ai pas pris de décision stratégique pour me débarquer de la flotte, car je savais que je n’avais pas la bonne voile, et cela a amplifié mon retard: quatre heures à la fin de l'étape. J'étais complètement à la rue au niveau de classement dès la première étape et cela a miné mon moral sur l'ensemble de la course. Je savais que quoi qu'il arrive, je ne pourrai pas faire mieux que 25e au classement général et, effectivement, je me suis finalement classé 27e cette année là. Avec le recul, je pense que je suis resté trop focalisé sur la frustration du classement général alors qu’il y avait peut-être des coups à faire sur une ou deux étapes. Au lieu de cela, j’étais crispé et renfermé dans ma stratégie car j’avais déjà subi un coup dur et je voulais en éviter un second. J'aurais dû être plus incisif. Enfin, quand je repense à l'édition 2010, je pense surtout à un Armel Le Cleac’h impérial... Je ne sais pas ce que j’aurais pu faire face à lui.

 

Quel regard portez-vous sur la flotte de cette année ?


Un regard inquiet ! Il n’y a pas qu’Armel cette année et c’est mission impossible de sortir un nom du lot. Bien malin celui qui peut sortir aujoud'hui le podium de cette année, même dans le désordre. Je crois donc qu’il faut se méfier de tout le monde et personne n’est à l’abri d’un coup dur.

 

Qu’est-ce que vos précédentes participations vous ont apporté ?


La gestion des priorités. Est-ce que c’est une bonne attitude d’aller vite et gagner mètre par mètre ? Ou faut-il mieux aller se reposer et accepter de perdre cinq mètres ici ? Je me sens plus confiant sur ce point.


Comment caractériseriez-vous une étape sur la Solitaire ?

 

Ce qui est propre à une étape de Figaro c’est qu’il peut se passer plein de choses. Quand je suis arrivé, je connaissais surtout le Tour de France à la voile où la longueur des étapes et leur caractère côtier signifiaient qu’il pouvait se jouer un voire deux coups par étape. Donc si tu loupes ce coup là, c’est dur de revenir. Là, quand nous traversons le golfe de Gascogne, il peut se passer tellement de choses que tu peux faire des bons comme des mauvais coups et au final celui qui sera devant c’est celui qui aura fait le moins d’erreurs. La navigation parfaite n’existe pas en Figaro.

 

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Retour sur la journée de départ, heure par heure
 


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