Armada: la Marine nationale n'oublie pas son ADN

Dimanche 9 juin 2013 à 11h23

A Rouen, il y a des vieux gréements et des « gris », des bâtiments militaire modernes. Mais il y a aussi ceux qui se positionnent entre les deux comme le Mutin. Du haut de ses 86 printemps, ce thonier au passé prestigieux forme 300 à 400 élèves par an.


Crédits photo: Haude-Marie Thomas

Pour sa première Armada, le Mutin s'est refait une beauté au chantier du Guip à Brest. « Nous avions remarqué un léger affaissement de la voûte, la maladie des thoniers, explique le commandant du Mutin, Gaël Masserot. Nous avons donc lancé d'importants travaux préventifs. Il aurait peut-être pu tenir deux ans de plus mais, dans le gros temps, nous risquions une voie d'eau sur l'arrière. » Gaël Masserot a lui-même connu le Mutin en tant qu'étudiant à l'école navale de maistrance à Brest et, depuis septembre 2012, il goûte au commandement atypique du doyen de la Marine nationale.

 

Un passé héroïque

 

Le Mutin a été constuit aux Sables d'Olonne en 1926, sur le modèle des nombreux thoniers locaux qui sillonaient le golfe de Gascogne au début du XXe siècle, et c'est justement cette allure de navire marchand qui lui permit d'accéder au rang de héros de guerre. En 1940, le Mutin rallie Londres parmi les tout premiers et il embarque des hommes des services secrets britanniques pour servir la résistance. Ses cales sont alors pleines de thons factices pour y cacher des armes. Puis vient la libération et le Mutin commence une nouvelle vie à l'école de pilotage de Saint-Servan. « Nous sommes en contact permanent avec d'anciens pilotes de la flotte des années 50 », explique Gaël Masserot. Le commandant du Mutin a appris l'histoire de son bateau a fil de ses années de formation à l'école de maistrance et il n'oublie pas de la transmettre aux jeunes élèves qui défilent sur le Mutin pour quelques jours ou quelques années de formation.

 

Premiers embarquements à la voile

 

Les chanceux qui participent à l'Armada de Rouen sont des élèves maistranciers venus de Brest à Rouen à la voile pour la fête maritime normande et achèvent ce dimanche leur semaine de formation. Exceptionnellement, ils sont 22 à bord donc pendant ces premiers jours de navigation, ils ont pratiqué la banette chaude et testé l'organisation en quart, qu'ils retrouveront sur leurs prochains embarquements sur les bateaux gris. « Avec le Mutin, on forme aux fondamentaux de la marine nationale, explique Gaël Masserot. Avant de partir en opération sur un conflit, les élèves vont bénéficier d'un double apprentissage : la navigation en mer et la vie en équipage. A bord, ils apprennent que tout seul, on est rien et ils vont pratiquer l'entraide, le partage. Ces quelques jours de navigation permettent d'aborder une carrière sereinement. » De son premier embarquement sur le Mutin, en tant qu'élève, Gaël Masserot se souvient de la ridesse du travail à bord. « Ce n'est pas péjoratif, assure-t-il. Mais on apprend qu'on doit tout donner. » En échange, les jeunes équipiers, qui découvrent le plus souvent la navigation à la voile, goûtent au plaisir de la glisse. « C'est un bateau formidable à la voile, s'énthousiasme le commandant. Jusqu'à 25 noeuds, on peut porter une bonne partie de la toile (350 m2 de voilure, ndlr). Le Mutin est taillé pour le large et si on se fait surprendre par des conditions violentes, on n'aura pas peur à bord. » Bien réglé, le doyen de la Marine nationale file à un peu plus de sept noeuds. Une belle performance pour un thonier de 80 tonnes. « C'est fascinant de retrouver un tel plaisir de glisse sur une unité bientôt centenaire, remarque Gaël Masserot.


Avec l'Armada de Rouen, le Mutin entame sa saison de représentation, amarré sur le quai rive gauche. « Nous attendons 2000 visiteurs par jour », précise le commandant. Après la grande parade du 16 juin, le thonier partira vers Saint-Malo puis Morlaix pour le Festival entre Terre et Mer.

 

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