Trombes marines en Méditerranée hier : un danger réel ?

Lundi 10 juin 2013 à 09h04

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Ce dimanche, des violents orages en Méditerranée ont donné lieu à des trombes marines. Retour sur un phénomène spectaculaire qui n’est pas sans danger.


Crédits photo : La Chaîne Météo/Fabrice Casanova

La trombe marine est un phénomène aussi impressionnant que fulgurant, la plupart du temps sans conséquence, mais pas toujours. Celle-ci se forme par temps très instable au cœur d’un conflit de masses d’air, lorsqu’une dépression accompagnée d’air froid en altitude se creuse au-dessus d’une surface marine ou lacustre plus chaude. Le contraste thermique entre la température de l’eau et celle de la haute atmosphère engendre de forts courants ascendants, responsables de la formation des nuages d’orage : les cumulonimbus. Des orages se déclenchent alors et les plus violents d’entre eux peuvent développer des trombes marines. Celles-ci sont en fait l’équivalent, en moins fort, des tornades sur la terre ferme. «Ce week-end, avec l’arrivée d’air froid en provenance du nord de l’Europe, une dépression se creuse dans le Golfe de Gênes, explique Régis Crépet, météorologue pour La Chaîne Météo-Météo Consult. On retrouve donc une situation propice à la formation de ces trombes de la Corse à la Ligurie jusqu’à la Riviera niçoise. Les secteurs de Menton, Monaco et Gênes peuvent être concernés».


Ce phénomène météorologique de petite échelle qu’est la trombe marine apparaît sous la forme d’un tourbillon de vent, de la même manière qu’une tornade terrestre. Ce tourbillon s’étend de la base d’un nuage convectif jusqu’à la surface de la mer. Il prend alors la forme d’un entonnoir que les météorologues nomment «trombe» lorsque le phénomène arrive à maturité. En balayant l’eau, la trombe marine entraîne à sa base une excroissance bouillonnante, appelée «buisson» et constituée d’une nuée de gouttelettes se déversant au-dessus de la mer. Le marin qui oserait s’aventurer trop près du phénomène, ou serait surpris par malchance par cette formation très soudaine, pourrait être «avalé» par le tourbillon. Les rafales de vent tourbillonnaire peuvent atteindre 120 à 130 km/h, ce qui est bien loin des 400 km/h que peuvent atteindre les tornades terrestres. De plus, le déplacement d’une trombe est plutôt lent (50 à 70 km/h), laissant généralement un temps de fuite raisonnable aux embarcations !


De la mer…à la terre
La durée de vie d’une trombe est courte, d’une dizaine de minutes à une demi-heure, parfois moins. Souvent, elle fait presque du sur-place sur l’eau, mais il arrive parfois qu’elle finisse par atterrir sur une plage ou sur une zone portuaire. Généralement, elle se dissipe en quelques minutes, pouvant malgré tout souffler des paillotes ou des infrastructures légères sur la plage. Il n’est pourtant pas rare qu’une trombe, arrivant à pleine puissance, occasionne des dégâts non négligeables sur le littoral : voiliers détruits au port, restaurants de plage soufflés et toitures arrachées. Il y a quelques jours, une trombe marine a fini sa course sur terre, détruisant plusieurs mobiles homes et un restaurant sur son passage à Eastpoint en Floride. A l’automne dernier, une trombe dont la force était proche de celle d’une tornade a détruit la zone portuaire de Tarente (sud de l’Italie) en poursuivant sa course aux abords de la ville. Plus rare, dans leur lancée, certaines trombes évoluent en véritable tornade, poursuivant leur trajectoire dans les terres : cela s’est produit à Montpellier en septembre 2000, ainsi que sur le Pays de Caux pendant l’hiver 2000.


 


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