Le jeu du chat et de la souris avec les sous-marins

Mardi 18 juin 2013 à 10h31

Du haut de ses 32 ans, Marjolaine Hansart est engagée dans la marine nationale depuis près de douze ans. Au quotidien, elle chasse les sous-marins.


crédits photo: Haude-Marie Thomas

« Je me suis dirigée vers l’armée après mon bac pour ne plus dépendre de mes parents, explique Marjolaine Hansart. L’armée de terre ne me convenait pas car ils ne me proposaient que des postes de secrétaire ou infirmière alors que je venais de finir un bac technologique en électronique. Alors j’ai traversé la rue et je suis entrée à la Marine nationale. Mon rêve était d’embarquer sur un sous-marin, donc j’ai été orientée vers la lutte anti sous-marine. Je n’ai découvert qu’après que les femmes ne pouvaient embarquer sur un sous-marin. Pas encore ! » Marjolaine Hansart ne mâche pas ses mots et c’est avec autant de franchise qu’elle explique être tombée amoureuse de sa spécialité. « Je n’en changerai plus, c’est fini ! assure-t-elle. J’ai la passion de mon métier. » L’officier évolue sur les frégates de la Marine nationale et cordonne la lutte d’une ou de plusieurs structures, bateaux mais aussi aéronefs. Et si on lui propose finalement d’embarquer sur un sous-marin ? « Je conserverai ma spécialité et rien ne changera… Sauf que je serai une cible ! »

 

Dissuasion permanente

 

Au jour le jour, Marjolaine Hansart défend la zone française. « Pour y entrer, un sous-marin doit se signaler mais cela lui arrive d’entrer dans notre zone pour s’entraîner… Nous aussi d’ailleurs ! » Tout le jeu est alors de trouver l’intrus. La jeune femme ressent encore beaucoup de fierté en repensant au jour où elle a repoussé un bâtiment américain. En transit, Marjolaine Hansart passe à la passerelle comme chef de quart mais plusieurs marins continuent à veiller derrière les sonars. « Notre matériel fonctionne de façon aléatoire et dès que l’on repère une menace potentielle, le bateau passe en alerte et je descends au central opération en version lutte anti sous-marine. » Elle entraîne également les sous-marins de la flotte française. « Pour l’exercice standard, on demande au sous-marin de rallier une position et de se mettre en position pour détruire un bâtiment donné, détaille l’officier de lutte anti sous-marine. Puis nous ajoutons des difficultés comme l’obligation de passer à un endroit donné ou l’ajout de bâtiments : hélicoptère, aviso ou deuxième frégate. » L’année dernière, à la même époque, Marjolaine Hansart était en entraînement dans le Grand Nord avec la Marine norvégienne. « La lutte anti sous-marine est le domaine privilégié de la France au sein de l’OTAN, donc nous extrayons une partie de nos compétences pour cette organisation. » Quand on lui demande ce qui lui plaît dans son métier, Marjolaine Hansart s’écrie aussitôt « la chasse ! » Avant de préciser : « C’est l’un des rares domaines où vous êtes obligé de combiner énormément de facteurs pour trouver des solutions. On part d’hypothèses de travail sur lesquelles viennent se greffer des difficultés. Nous devons perpétuellement nous remettre en question. C’est une démarche que j’aime beaucoup. » Jusqu’à présent, la plus longue mission de Marjolaine Hansart aura été cinq mois et demi, pour l’entrainement de futurs officiers. Actuellement, elle évolue sur le PSP Flamant où elle perfectionne ses compétences de chef de quart. « C’est intéressant car je sors du contexte purement technique de la lutte anti sous-marine. Je ne gère plus un seul service mais tout le domaine des opérations : télécommunication, programmation ou formation. Elle est la seule femme à bord sur cet embarquement mais n’y voit pas de grande difficulté. « Avec mon expérience passée, je sais qu'il y a toujours des marins qui rechignent parce qu’ils ont commencé leur carrière dans un environnement non mixte mais au final cela se passe bien », nous lance-t-elle dans un sourire.
 


SERVICE:
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 3264**.
Recevez la newsletter
tous les jeudis
* 3201 : Prévisions pour la France - 2,99€ par appel   ** 3264 : Prévisions pour le Monde - 2,99€ par appel
Fermer
Recevez chaque jeudi les coups de coeur de la rédaction