2013 : un été à méduses ?

Mardi 18 juin 2013 à 15h19

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Après deux années successives particulièrement chargées en méduses sur les côtes méditerranéennes, 2011 et 2012, la fraîcheur actuelle de l’eau de la mer pourrait-elle empêcher un nouvel arrivage massif des méduses cet été ?


JACK GUEZ/AFP - En cas de piqûre, le premier geste à adopter est de rincer immédiatement la zone touchée à l'eau chaude salée.

L’été 2012 avait été marqué par la présence accrue sur le littoral méditerranéen de nombreuses, et très urticantes petites méduses violettes, les Pelagia Noctiluca, en partie provoquée par les températures légèrement excédentaires. Selon les dernières prévisions saisonnières de Météo Consult–La Chaîne Météo, la saison estivale 2013 pourrait s’annoncer plus fraîche que la normale avec une eau qui pourrait prendre plus de temps à se réchauffer que l’été précédent. «Le déficit actuel des températures de l'eau de mer est toujours de l'ordre de 2 à 3°C, surtout pour l'Atlantique avec 17°C à Biarritz pour une moyenne de 19°C à cette époque de l'année, explique Régis Crépet, météorologue pour Météo Consult-La Chaîne Météo». En Manche, on relève 12°C à Cherbourg ces jours-ci contre 14°C habituellement. En Méditerranée, le déficit a tendance à se combler lentement grâce au retour de la chaleur, mais le Mistral fréquent maintient une eau à 17°C au lieu de 19°C à Marseille. Seule la Riviera niçoise et l'est de la Corse se rapprochent des normales de saison avec une eau à 20°C pour une moyenne de 21 environ.

Néanmoins, «la fraicheur de l'eau devrait se maintenir jusqu'en première quinzaine de juillet, précise le spécialiste des prévisions saisonnières, tout dépendra ensuite de l'évolution météo. Il est probable que les eaux de la Méditerranée rejoignent les moyennes alors elles étaient supérieures de 4 à 5°C en fin d'été dernier ». Celles de la Manche et de l'Atlantique risquent par contre de rester déficitaires.


La température de l’eau : un impact certain


Accusées d’être de plus en plus nombreuses, les méduses sont l’objet d’étude du programme scientifique Jelly Watch. Floriane Delpy, doctorante spécialisée en écologie des méduses à l’Institut Méditerranéen d’Océanologie, travaille sur cette étude dont l’objectif est d’arriver, à terme, à prévoir l’apparition de ces gélatineux mal-aimés. « Actuellement rien ne permet de prévoir avec certitude l’arrivée des méduses, c’est pour cela que nous avons débuté l’étude Jelly Watch il y a deux ans. La scientifique l’admet néanmoins, plusieurs facteurs apportent déjà quelques pistes ». La principale cause qui détermine l’arrivée des méduses est l’orientation des courants marins qui joue un grand rôle en les rabattant, ou non, vers les côtes. Mais ce n’est que l’un des facteurs, puisque le but du programme est justement d’étudier les autres. La température de l’eau a également un impact certain, à l’instar de ce qui s’est passé l’été dernier en Méditerranée : une eau chaude favorise le développement des méduses Pelagia Noctiluca que l’on trouve en Méditerranée. Le raisonnement est simple : les méduses arrivent plus vite à maturité sexuelle et, par conséquent, se reproduisent plus. Au lieu d’attendre 1 an, certaines le font au bout de 6 ou 8 mois.
Pour autant, la température de l’eau ne permet pas totalement de prévoir la quantité de méduses sur les plages. L’évolution des vents et des courants, tout comme le degré de pollution de la mer, jouent également un rôle prépondérant.
 

 

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