L’énergie mesurée

Mercredi 19 juin 2013 à 18h22

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Portrait du Maître Mickaël Huard, dans notre série sur la Marine nationale, à la rencontre de l'équipage du patrouilleur de service public Flamant.


Maître Mickaël Huardde. Crédit photo : Maxime Flipo

Il est né en Basse-Normandie. A Granville précisément. Là où le marnage pouvant atteindre 14 m lors des plus forts coefficients fait pousser les cailloux à pas de géant. Enfant, la mer est sa cour de récréation grâce à l’école de voile locale et l’attire comme un aimant. La force de persuasion de sa mère le conduit à obtenir un BTS électrotechnique. Mais c’est toujours le grand large qui aspire sa soif d’horizon. Direction Saint-Mandrier-sur-Mer, à l’extrémité de la petite rade de Toulon. Il a 20 ans et vient de s’engager dans la Marine nationale : « Après avoir passé mon BE d’électromécanicien, ma première affectation se déroule en 1997 sur une frégate anti-aérienne, le Cassard. Basés à Toulon, nous partons en Adriatique pour des missions lors des conflits en ex-Yougoslavie. C’est l’époque où il y avait encore le Foch et le Clémenceau et nous étions en protection du groupe aéronaval. De ces navigations j’ai gardé beaucoup de copains. Nous étions 250 à bord et j’en croise certains avec toujours autant de plaisir »


Après son retour à Saint-Mandrier pour passer son Brevet d’Aptitude Technique, à la fin du deuxième millénaire, le Latouche-Tréville, une frégate de lutte anti-sous-marine, est son nouveau bâtiment pour une période de trois ans. Comme pour toutes les affectations des officiers mariniers. « Nous avons fait un déploiement en Amérique du Sud pour de la représentation. Un excellent souvenir avec des choses racontables ou non. De belles visites comme le Machu Picchu. En mer en général, nous faisons en sorte de garder que les bons moments », explique-t-il en souriant. « Après, nous sommes partis quatre mois en océan Indien pour le conflit en Afghanistan. En débarquant à Brest, je suis affecté sur un chasseur de mines mais je n’y reste pas très longtemps pour passer mon brevet supérieur d’électrotechnicien. Après un an à Saint-Mandrier, je reprends la mer sur un navire école, le Jaguar, qui forme les élèves officiers et navigateurs timoniers à la navigation. Vient ensuite le Cassiopée, un chasseur de mines très opérationnel avec lequel nous avons effectué beaucoup de déminage en baies de Somme et de Seine », énumère le Normand.


Mickaël Huard décide alors de faire une pause à terre. Mais à l’île Longue, il n’y a rien d’enthousiasmant. Il postule donc pour embarquer sur le PSP Flamant basé à Cherbourg où il exerce depuis le début de 2012 le poste de chef élec : « Je m’occupe de la production et de la distribution de l’électricité à bord et de la gestion des réseaux. Des choses simples comme des choses compliquées, la conduite des moteurs, les automatismes, les instruments de navigation du bord. Avec mon adjoint, le Second Maître Baumann, nous n’effectuons pas de quart car nous sommes appelés à intervenir à tout moment ».


Pendant le mois de course de la Solitaire du Figaro-Éric Bompard Cachemire, le Premier Maître Huard a rencontré un monde qu’il ne connaissait pas, sans doute par timidité mesurée. Sachant pourtant que les coureurs du large sont des marins comme lui. De retour depuis Dieppe sur Cherbourg où il réside avec son épouse et ses deux jeunes enfants, il racontera une fois de plus des belles histoires de mer, où la plupart du temps, la saveur n’est jamais amère.
 


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