Les multicoques français font le spectacle en Europe

Jeudi 20 juin 2013 à 09h05

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La Route des princes, un tour de l'Europe par la mer, met en valeur les terroirs où la course fait escale.


Day 1 of the Inshore Races at Route des Princes - Lisbon Stopover / La Chaîne Météo - Copyright : Ricardo Pinto

C'est un nouvel événement de voile où la vocation culturelle est tout aussi forte que la dimension sportive. Née de l'imagination des producteurs de légumes bretons qui entretiennent depuis longtemps un lien fort avec la mer, la première édition de la Route des princes revêt des airs de véritable tour d'Europe des terroirs. Une grande boucle symbolique qui n'est ouverte qu'aux grands multicoques de courses, les MOD 70, les ultimes et les Multi 50, qui ont longtemps été la marque de fabrique de la voile au large à la française. Armateurs du Multi 50 Prince de Bretagne auquel a succédé le Maxi 80 éponyme, ils ont souhaité donner une nouvelle envergure à leur implication dans la voile en créant un événement paneuropéen alliant voile et terroir.

«Le croisement des métiers de la mer et de la terre est historique. Il faut rappeler que les producteurs bretons ont créé la Britanny Ferries pour exporter leurs légumes vers l'Angleterre, explique Jean-François Jacob, secrétaire général de la société commerciale pour la promotion des territoires, à l'origine de la course. C'est dans ce sens que nous avons créé le festival Entre terre et mer à Morlaix. La Route des princes s'inscrit dans cette démarche de vouloir s'adresser au grand public à travers une fête populaire gratuite alliant sport et promotion des territoires et des métiers nobles de la terre.» L'épreuve permet en outre de faire renouer la course au large avec les grandes villes européennes. Et dans chaque ville les animations ainsi que le spectacle des multicoques qui s'affrontent en régate font venir de nombreux spectateurs. Le show est garanti et assure le succès de l'événement.

Après Valence et sa gastronomie locale, les marins sont arrivés à Lisbonne début juin en plein coeur de la Fête des saints populaires. À Dublin et Plymouth, la production locale sera à l'honneur, tout comme à Roscoff où la flotte sera accueillie par plusieurs centaines de milliers de personnes le 30 juin prochain, réunies à l'occasion du festival «Entre terre et mer». Le monde agricole local et des centaines de bateaux viendront saluer les marins de retour à terre. «Faire un tour de l'Europe sur ce genre de bateau, c'est superintéressant en matière de stratégie. C'est un parcours complet alors que sur une transat, il n'y a souvent que deux ou trois coups à jouer. La première étape a été riche et intense entre les pointes et les baies. Cela demande une nouvelle réflexion à chaque fois», commente Pascal Bidégorry, navigateur à bord du MOD70 Spindrift, le bateau armé par Dona Bertarelli. Si la compétition est bien ancrée dans l'esprit de tous les marins, ce tour de l'Europe à l'envers est également l'occasion pour eux de vivre des moments magiques en mer.

«Il y a des moments où on en prend plein les yeux comme à Gibraltar ou à la pointe d'Almeria, avant d'entrer dans la mer d'Alboran. Il y a quelques petits instants comme cela, savoureux, parce que c'est beau, quand il y a de petits nuages sur la côte ou quand on voit le rocher de Gibraltar percer dans la brume. Ce qui n'empêche pas qu'il y a eu beaucoup de stratégie sur l'étape avec des phéno­mènes de micro-météo», poursuit Pascal Bidegorry.

Les courses qui se disputent sur chaque escale sont l'occasion pour le public d'admirer le somptueux spectacle que leur proposent les multicoques océaniques à proximité du centre-ville. L'organisation de ces régates fait également écho à cette volonté qu'ont de plus en plus les organisateurs de course de faire venir celle-ci au large dans les grandes villes pour la démocratiser et la rendre plus accessible au grand public.

«Lisbonne est une ville riche d'un point de vue historique. C'est tout un symbole de régater ici quand on est marin. Je suis heureux que la Route des princes nous offre cette chance. Sur les courses qui se déroulent à proximité de la rive, le bord sous gennaker (voile avant, NDLR) est spectaculaire. C'est bien pour le public. On fait aussi ce métier pour partager avec les spectateurs», commentait Sidney Gavignet, skipper du MOD70 Oman Air-Musandam avant de quitter la cité lusitanienne. Même son de cloche du côté de Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 70): «C'est sympathique d'arriver dans une ville en pleine effervescence. On ne peut pas garantir le résultat sportif mais on peut garantir le spectacle pour les invités sur ce genre de courses, analysait le récent quatrième du Vendée Globe, qui s'est illustré en finissant la course sans sa quille. J'ai toujours été attaché à l'engouement populaire que la course au large et ses événements doivent susciter. De ce point de vue, la Route des princes remplit ce contrat et fait connaître nos bateaux en Europe.»

Pour Sébastien Josse, skipper d'Edmond de Rothschild, «c'est sympathique de naviguer sur le Tage, proche de la ville. C'est bien de réussir à concilier un vrai parcours de régate et la proximité avec la côte et le public». Les amoureux des bateaux de course à trois pattes et des belles voiles ont rendez-vous à partir du 30 juin à Roscoff. La ville était d'ailleurs jusqu'à jeudi, le port d'accueil de la troisième étape de la Solitaire du Figaro.


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