Gilles Chiorri, directeur de course : « Droit dans mes bottes »

Lundi 24 juin 2013 à 18h19

La 44e édition de la Solitaire du Figaro s’est achevée officiellement ce matin après la réunion du jury confirmant le classement établi depuis dimanche matin et l’arrivée du dernier en course, Jean-Paul Mouren (Groupe SNEF). Gilles Chiorri, le directeur de course, pouvait ainsi tirer un premier bilan


crédits photo: Alexis Courcoux

Figaro Nautisme: Le parcours pouvait paraître effrayant au départ ?

Gilles Chiorri: Sur le papier, la Solitaire était longue en distance. Finalement, la durée du scénario a été assez aisée. Les étapes furent denses dans la distance et dans le déroulé météo. Avec un départ dans l’estuaire de la Gironde que beaucoup appréhendaient, moi-même en premier. Cela a été dur de sortir, l’incident de Simon Troël (Les Recycleurs Bretons) peut en témoigner. Il est resté envasé un bon nombre d’heures. Ensuite, un passage du cap Finisterre difficile avec du vent portant dans la nuit pour une arrivée dans le petit temps avec des courants très forts. Des terrains inconnus pour la plupart des coureurs avec donc des schémas stratégiques nouveaux. La deuxième étape a été légèrement tronquée à cause des conditions annoncées légères. Finalement, cela s’est déroulé dans des vents portants. J’ai l’habitude de questionner les coureurs aux arrivées, ils ont été à chaque fois satisfaits du jeu qui s’était déroulé sur l’eau. Là, ils ont été ravis des options à prendre et des remises en question. Sur la 3e étape nous étions sur un schéma classique mais avec un segment très dur de l’île d’Yeu à Penmarc’h et un passage au raz de Sein des plus toniques.

 

Moins tonique quand même que la dernière étape ?

 

Le dernier tronçon, restera inscrit comme une belle étape de brise. Où on a essayé de faire certains procès d’intention sur donner ou pas un départ avec 35 nœuds de vent. Je considère que des marins professionnels inscrits à la Solitaire du Figaro-Éric Bompard Cachemire doivent être capables d’affronter 35 nœuds de vent sur une moitié de parcours, et ce au portant. Je suis droit dans mes bottes là-dessus. Cela a révélé une étape pleine de rebondissements. Avec des vraies gueules à l’arrivée, de belles histoires. Mais c’est ça le sport. La Solitaire ne se résume pas en une étape. Il y a toujours eu du renouvellement. Il faut admettre que nous, organisateurs, avons été chanceux avec la météo. Les timings sont restés normaux.

 

Il y a eu un nombre important d’abandons ?

 

C’est le fait marquant de cette Solitaire, il y en a eu sept. Le premier sur blessure en mer. Il a fallu gérer cela avec encore une fois un vrai soutien de la Marine nationale qui a bien aidé à résoudre le problème de l’évacuation de Louis-Maurice Tannyères. Le deuxième, sur une rupture de barre de flèche. Le troisième sur une casse d’étai. Un problème mécanique plus surprenant. Là, la question que je n’hésiterai pas à soulever est de savoir si les bateaux, après dix ans d’activité, avec entraînement, transats, Solitaire et moult autres épreuves ne sont pas un peu fatigués. La classe et Bénéteau devraient établir une liste de recommandations, un petit mémo technique, pour refiabiliser le bateau. Je ne remets pas en cause la construction mais les Figaro Bénéteau sont sur-utilisés. Avec pour certains près de 65 000 milles parcourus en dix ans.

 

Et le bilan sportif ?

 

Comme chaque année, et peut-être plus encore, il y avait beaucoup de prétendants et une bonne homogénéité. Nous nous sommes rendus compte qu’au-delà de la vitesse pure et dure, il y a un effet psychologique, mental, qui intervient, qui est plus flagrant. Là, on avait un Yann Éliès avec une vraie détermination. Il n’en demeure pas moins qu’il a été accroché plusieurs fois, mais l’aspect psychologique a été plus saillant. Il y a aussi la maîtrise. Je suis très admiratif de la pugnacité et de l’abnégation de chacun à se jeter dans cette Solitaire et à remettre l’ouvrage à cœur à chaque étape.
 

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