Pierre-Yves Cousteau s’engage pour les aires marines protégées

Mardi 25 juin 2013 à 10h09

Le plus jeune fils du célèbre commandant au bonnet rouge met son nom et sa passion au service de la préservation des océans.


crédits photo: Haude-Marie Thomas

Pierre-Yves Cousteau a été rattrapé par la passion sous-marine après un passage à l’agence spatiale comme spécialiste en astrobiologie. « J’ai tout arrêté pour devenir instructeur de plongée, explique-t-il. Et puis je me suis dit que je pouvais peut-être en faire un peu plus. » En 2009, ce passionné créé donc la fondation Cousteau Divers, une association à but non lucratif qui transforme « les amoureux de la nature en agents de sa protection et de son étude ». Il parraine ainsi la programmation consacrée aux océans sur la chaîne Nat Geo Wild avec notamment une soirée spéciale Enric Sala, spécialiste de l’écologie marine, ce dimanche 30 juin. « Je soutiens les documentaires car ils permettent aux téléspectateurs de s’émerveiller et de découvrir un monde sous-marin encore méconnu, explique Pierre-Yves Cousteau. Les documentaires titillent la curiosité, provoquent un coup de foudre et finalement poussent le téléspectateur à agir en protégeant le monde sous-marin. » Un raisonnement hérité de son père auquel il croit dur comme fer. Et au cas où la beauté ne fonctionnerait pas, le président de la fondation Cousteau n’oublie pas de rappeler que la moitié de l’oxygène que nous respirons vient des océans.


Le combat des aires marines protégées
 

Ce dimanche 30 juin, le documentaire Les îles perdues du Pacifique sera diffusé en exclusivité à 20h35. Ce film relate un voyage risqué jusqu’aux îles Pitcairn, un archipel de l’océan Pacifique, pour transformer cette partie de l’océan en une réserve sous-marine. Une thématique essentielle pour Pierre-Yves Cousteau, engagé pour le développement des aires marines protégées. « Il faut savoir que ces zones où l’on cesse toute activité d’extraction rapportent de l’argent, rappelle-t-il. L’archipel des îles Medes, sur la Costa Brava espagnole sont protégées depuis plus de 20 ans. Cette protection génère 10 millions d’euros par an et fonctionne comme une friche. Les pêcheurs bénéficient ainsi de l’apport continu de poissons excédentaires venus de cette réserve. Au final, c’est une bonne opération pour eux. » Pierre-Yves Cousteau, qui travaille sur une aire marine protégée pour Santorin en Grèce, estime que les premiers effets sont sensibles au bout de deux / trois ans. « Au bout de cinq ans, la biomasse est multipliée par six avec 150% de biodiversité en plus, précise-t-il. On mesure donc rapidement les progrès. Enfin, après cinq à dix ans de protection, le spill over ou l’excédent peut être pêché par les pêcheurs autour de la zone de protection ». Sans oublier les bienfaits touristiques. « Les Bahamas sont protégés de toute pêche de requins et le gouvernement a très rapidement compris l’intérêt économique de cette politique : 100 millions de dollars par an sont générés par les plongées à la rencontre des requins. » En France, la doyenne des aires marines protégées est Port-Cros, en Méditerranée, qui fête cette année ses 50 ans. Mais Pierre-Yves Cousteau ne veut pas s’arrêter de rêver et imagine une Méditerranée entièrement protégée avec des couloirs de pêche dédiés. « On pêcherait sans doute plus de poissons avec ce dispositif mais cela impliquerait une collaboration énorme entre les différents états du bassin méditerranéen », avance le plus jeune fils du commandant Cousteau. Il sait bien que cette idée relève de l’utopie mais refuse de l'oublier. « Il est difficile d’expliquer le concept des aires marines protégées aux pêcheurs car ils n’en voient pas le bénéfice immédiat, concède Pierre-Yves Cousteau. Mais une fois que la sensibilisation est faite, ce sont ces professionnels qui demandent plus de zones protégées. C’est ainsi le cas aux îles Medes. » Les premières aires marines protégées ont été crées par les états mais la fondation Cousteau Divers prépare également une boîte à outils d’une vingtaine de pages pour proposer aux citoyens de prendre l’initiative. « Si demain, vous souhaitez lancer un tel projet en Bretagne, nous vous expliquons comment se renseigner sur les lois, trouver les acteurs principaux et vérifier les initiatives existantes. » Aux Canaries, une association a ainsi été créée pour la création de micro-aires marines protégées. Pierre-Yves Cousteau, ambassadeur de bonne volonté à l’Union internationale pour la conservation de la nature depuis 2011, est bien décidé à mettre toutes ses forces dans la bataille pour amplifier le mouvement.

 

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