Embouteillage en Arctique

Mardi 25 juin 2013 à 14h55

Le réchauffement climatique rend désormais possible, pendant l’été, la navigation dans les eaux arctiques autrefois recouvertes de glace. La route du Nord-Est au nord de la Russie propose ainsi un raccourci considérable entre l’Europe et l’Asie. En 2012, 46 navires y ont transité.


Crédits photo: Sara Francis / US COAST GUARD / AFP

Les Brestois peuvent de nouveau profiter de sa silhouette grise, haute à la proue et trainante à la poupe. Le Tenace, remorqueur de haute mer de la Marine nationale est revenu d’une mission de reconnaissance de la route maritime du Nord entamée à la mi-mai. Son trajet a toutefois été écourté par l’annulation de dernière minute de l’escale Russe, les autorités de ce géant arctique invoquant la présence de glace. Dans cette région polaire la Russie joue un rôle central en assistant notamment la navigation avec ses brise-glaces et en régulant les navigations dans ses eaux. Mais l’équipage du Tenace affirme ne pas être déçu. Outre l’importance de montrer le pavillon français dans cette région stratégique, la mission de ce remorqueur de haute mer consistait notamment à tester des instruments d’aide à la navigation rarement utilisés à ces latitudes et à évaluer le trafic maritime. Pour ce dernier point, l’équipage du Tenace explique avoir croisé, en ce début de saison, « des pêcheurs russes et quelques bateaux de commerce norvégiens. »

 

En 50 ans, la banquise Arctique a fondu de moitié

 

Nous sommes loin des quatre bateaux, dont un brise-glace, croisés sur le passage du Nord-Est en 2010. L’année 2012 a marqué un tournant avec une fonte record de la banquise qui ne mesurait plus que 3.4 millions de km2 au plus fort de l’été soit une taille inférieure de 17% au précédent minimum, en 2007. Cette nouvelle route maritime dégagée des glaces attire les convoitises des armateurs de la marine marchande qui voient là une formidable opportunité pour raccourcir la route commerciale entre l’Asie et l’Europe et éviter les pirates de l’océan Indien. Par la route du Nord-Est, la distance entre le port japonais de Yokohama et le port allemand d’Hambourg est écourtée de 40% pour une économie de carburant de 20%. « Pour la première fois de l’histoire, nous voyons un océan entier s’ouvrir dans le Grand Nord, ce qui aura un impact majeur sur le commerce et l’approvisionnement énergétique, observe le président de la fédération des armateurs norvégiens, Sturla Henriksen. Il estime que le trafic pourrait passer de 1.26 million de tonnes en 2012 à 50 millions de tonnes en 2020. La grande majorité des marchandises transportées devraient être des hydrocarbures car les principales routes traditionnelles pour le vrac sont positionnées plus au sud et les armateurs de porte-conteneurs tiennent aux escales dans des zones plus peuplées que le Grand Nord. En 2012, 26 des 46 bateaux sur la route du Nord-Est transportaient des hydrocarbures, six autres du minerai de fer ou du charbon. Cette opportunité commerciale pousse des nations non limitrophes à peser sur l’avenir maritime de l’Arctique. Le 15 mai dernier, le Conseil Arctique a accordé le statut d’observateur permanent à l’Italie, au Japon, à la Corée du Sud, à Singapour, à l’Inde et à la Chine. Cette dernière a réalisé un premier transit de son brise-glace Snow Dragon en 2012 et elle prépare une première expédition commerciale par la route du nord-est cet été.

 


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