Tour de France : Des stars et des absents

Vendredi 28 juin 2013 à 11h06

Les spis sont attribués, les équipiers sont tous passés devant l’objectif du photographe, il ne leur reste plus qu’à s’aligner ce vendredi sur la ligne de départ du parcours technique ce samedi. En attendant, place au prologue face à Dunkerque.


crédits photo: Groupama 34

Au premier regard, l’affiche est alléchante avec l’arrivée du vainqueur de la dernière Volvo Ocean Race, Franck Cammas, et du skipper du maxi trimaran Sodebo, Thomas Coville. Sur les pontons de Dunkerque, les équipiers affairés aux derniers préparatifs se réjouissent de voir la course valorisée par ces stars médiatiques et le niveau sportif augmenté. Ces derniers arrivés occupent ainsi la première (Groupama) et la troisième place (Sodebo) du championnat de printemps, tenant en sandwich l’un des ténors de l’épreuve, Courrier Dunkerque skippé par Daniel Souben. Celui-ci ne s’y est d’ailleurs pas trompé en s’associant à l’équipe Groupama pour ses entraînements de début de saison. « Nous estimions qu’il s’agissait du plus gros client de l’édition donc cette association ne pouvait que nous être bénéfique, relève le skipper de l’équipe nordiste. Nous avons ainsi progressé et passé un cap dès le Spi Ouest-France (victoire de Courrier Dunkerque, ndlr). A ce moment-là, nous avions encore de l’avance sur nos partenaires d’entraînement mais cela n’a pas duré. » Sur sa dernière course en M34, l'équipage de Franck Cammas a terminé avec 22 points d'avance sur le second après 11 manches. Il faut dire que les nouveaux venus n’ont rien laissé au hasard.

 

Des équipages haut de gamme

 

« En début de saison, Groupama 34 manquait de coordination mais le team bénéficiait déjà de bonnes bases avec plusieurs vainqueurs 2012 dans ses rangs », relève Daniel Souben. Franck Cammas a ainsi invité à bord le skipper vainqueur de l’édition 2012, Fabien Henry. « C’est intéressant d’être au plus près d’une personnalité de la voile comme Franck, apprécie ce dernier. Je le croisais sur les pontons et maintenant je navigue à ses côtés. » Le spécialiste de la régate en équipage se réjouit de voir Franck Cammas faire pleinement confiance à son équipage. « Il ne se disperse pas, il a des objectifs et il veut clairement les atteindre, rapporte-t-il. Ça tombe bien car si je suis là, c’est pour gagner une nouvelle fois le Tour ! » Fabien Henry se réjouit de pouvoir se concentrer sur l’aspect sportif, sans porter sur ses épaules la gestion du projet comme en 2012.
De son côté, Thomas Coville a composé un équipage complet composé d’experts de la Coupe de l’America, du circuit mondial de Match Race, comme Mathieu Richard ou Sébastien Col, ou de la Volvo Ocean Race 2012 Martin Krite, Laurent Pagès et Jean-Luc Nélias.
Cependant, cet exceptionnel casting masque difficilement le petit nombre d’équipages. Ils ne seront que 12 bateaux au départ après l’annulation de Team 85 au début du mois, faute d’entraînements et de financements suffisants pour ce projet tardif, reporté donc en 2014. « Nous sommes dans la fourchette haute au niveau qualitatif mais basse pour le quantitatif », concède Christophe Gaumont le directeur de course.

 

Des absents remarqués

 

Pourtant, le Tour de France, né en 1978, a formé des générations de jeunes navigateurs avec des batailles mémorables entre équipes professionnelles, amateurs et étudiantes. "Cette année, il y a autant de professionnels qu'avant mais il n'y a plus d'étudiants et pas beaucoup d'amateurs", remarque Nicolas Troussel, skipper de Crédit Mutuel Elite. Daniel Souben confirme et explique cette absence par le changement de support. « Les M34 sont neufs, donc forcément plus chers. Le budget de location d’un bateau qui était de 15.000 euros il y a trois ans est maintenant chiffré à un peu moins de 50.000 euros. Le bateau étant plus grand, tous les éléments à bord ont augmenté. Ainsi les voiles étant plus grandes, ce budget dédié a augmenté de 15 à 20%. A cela, il faut ajouter une personne de plus à bord (chaque bateau embarque huit équipiers, ndlr) qu’il faut nourrir et loger ». Sans oublier l’augmentation du coût de la vie.
Les équipes ont également dû faire face à la frilosité des sponsors. Une figure emblématique du Tour, Bertrand Pacé, doit ainsi rester aux pontons faute de budget. Le marin détient pourtant le record absolu du nombre de victoires avec huit titres à son compteur. Même sanction pour l’équipage Ile-de-France qui ne sera pas de la partie pour la première fois depuis 1999, le partenariat n’étant pas renouvelé. Quant aux équipes de Martinique et de Bruxelles, elles ont bien failli subir le même sort à quelques semaines du départ. Elles prendront finalement le départ sur un seul et même bateau (Martinique - BE.Brussels). « Quand nous avons appris leurs difficultés, nous les avons mis en contact pour leur proposer de s’allier, explique le directeur de course Christophe Gaumont. Cela s’est fait au dernier moment mais nous pouvons maintenant imaginer une organisation en amont pour permettre notamment aux équipes étudiantes de s’associer. » Il faut dire que l’organisateur du tour, A.S.O, a un objectif ambitieux pour les prochaines éditions : passer de cette douzaine à une vingtaine de bateaux sur la ligne de départ. Il mise cette année sur une grande exposition médiatique grâce aux stars de la course.

 


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