Les scientifiques appellent à l’aide le grand public

Vendredi 28 juin 2013 à 15h23

C’est une démarche inédite en Europe. Pour mieux connaître les micro-algues, ces inconnues qui représentent pourtant la moitié de la biomasse végétale sur terre, le projet Phenomer fait appel aux citoyens.


Un phénomène d'efflorescence qui provoque une eau colorée. Crédits photo: Cedre

« Le phénomène que nous cherchons à observer peut se produire n’importe où et n’importe quand donc les stations scientifiques classiques ne sont pas suffisantes », relève Amelia Curd, ingénieur de l’Ifremer et coordonnatrice du projet. Il s’agit de repérer les efflorescences de micro-algues, un phénomène qui pourrait s’apparenter à la floraison de ces micro-organismes capables de photosynthèse. « Cette année, nous ne sommes pas gâtés avec la météo mais dès qu’il y a un peu plus de lumière, il est possible d’observer ces efflorescences à la surface de l’eau », explique la coordinatrice du projet. Début mars, pendant une belle période de beau temps, des surfeurs de la pointe de La Torche ont donc observé ce qu’ils pensaient être une pollution aux hydrocarbures. « En fait, il s’agissait d’une efflorescence de diatomées qui formait des taches brunes dans la zone de ressac », précise Amelia Curd. Les micro-algues peuvent provoquer des eaux colorées, des mousses abondantes ou même des phénomènes de mortalité massive d’organismes.

 

Mettre en bouteille l’éphémère

 

Les citoyens qui se promènent sur les sentiers du littoral ou les amateurs de sport nautique sont donc invités à signaler toute apparence inhabituelle de l’eau de mer. Le projet de science participative est testé en Bretagne en cette année mais il sera étendu à l’ensemble de la métropole en 2014. « Ces phénomènes d’efflorescence ne durent parfois qu’à peine deux jours, précise la scientifique. Il faut donc pouvoir échantillonner, mettre en culture et analyser ces micro-algues en laboratoire très rapidement. » En plus des contacts classiques par téléphone ou internet, l’Ifremer aimerait mettre en place, plus tard dans l’année, une application smartphone pour disposer de photos géolocalisées. « Nous demandons parfois aux observateurs d’effectuer un prélèvement dans un récipient bien rincé, détaille Amelia Curd. Les micro-algues se conservent deux à trois jours, à l’ombre et au frais… L’avantage de la Bretagne c’est que même sans glacière, le prélèvement se conserve avec un simple linge humide pour l’isoler. » Les échantillons mis en culture sont ensuite redistribués à de nombreux projets de recherche en cours. « Nous réalisons des études génétiques ou des recherches de toxine, expose Amelia Curd. Il faut savoir que les micro-algues sont à la base de la chaîne alimentaire, qu’elles produisent la moitié de l’oxygène que nous respirons, et qu’elles représentent la moitié de la biomasse végétale sur terre. Pourtant, ces organismes restent largement inconnus. Il est donc indispensable d’augmenter nos connaissances sur la biodiversité des micro-algues ».
En complément de ce projet de science participative ouvert à tous, un second volet a été mis en place avec les collégiens des îles du Ponant. Il s’agit de disposer de prélèvements très réguliers dans des eaux dégagées de l’influence du continent.
 


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