Méduses : l’invasion 2013 a commencé

Mercredi 10 juillet 2013 à 11h38

Les méduses ont débarqué sur nos plages avec les premiers vacanciers. Contrairement aux idées reçues, ce serait plus notre printemps humide que le retour tant attendu de la chaleur qui favoriserait leur arrivée massive cet été.


Pour le malheur des baigneurs et le bonheur des biologistes, l’année 2013 s’annonce riche en méduses et notamment en Pelagia noctiluca, l’espèce la plus urticante sur nos côtes. On en trouve en Atlantique comme en Méditerranée mais ce sont sur les plages de cette dernière qu’elles sont les plus nombreuses. Ce mercredi, les méduses ont été repérées au cap d'Ail et sur la côte entre Cagnes-sur-Mer et Antibes, mais aussi à Ramatuelle, au Cap Nègre ou à Cassis, sachant que les plages sont de plus en plus équipées de filets. « Nous sommes effectivement bien partis pour en avoir beaucoup cet été, confirme la biologiste Delphine Thibault-Botha, de l’institut méditerranéen d’océanologie. Comme en 2009, une forte année pour les méduses, nous avons eu un printemps humide. Il était même pire en 2009. Est-ce que cela veut dire qu’il y aura plus de Pelagia cette année ? » Les Pelagia noctiluca se reproduisent lorsqu’elles sont en situation de stress et les scientifiques cherchent à comprendre si une différence de salinité, due à de fortes pluies, pourrait déclencher le phénomène de reproduction. C'est un grand tourbillon, entre la Corse et la Côte d'Azur, qui abrite leur zone de reproduction principale, puis elles sont entraînées par le courant du nord ou liguro-provençal, qui va de l’Italie à l’Espagne. Au final, c’est l’action de différents petits courants vers la côte qui jouera sur leur présence sur nos plages.

« Les méduses sont des animaux qui vivent au large, rappelle la biologiste. En effet, ces gélatineux ont besoin de descendre à 300/400 mètres de profondeur en journée et ils ne remontent que la nuit. Donc si les méduses arrivent sur nos plages c’est qu’elles ont quitté leur habitat classique, entrainées par des petits courants qui les ramènent à la côte. Elles sont incapables de lutter. Quand les méduses arrivent, elles sont fatiguées et meurent rapidement. » Juste le temps pour elles de piquer les baigneurs ! « Toutes les méduses ont du venin car il leur sert à anesthésier leurs proies, rappelle Delphine Thibault-Botha. Même les gros globes blanchâtres qu’on retrouve sur les plages bretonnes. Mais l’homme n’est pas sensible à tous les venins. »

 

La pollution ne les fait pas fuir

 

Difficile de savoir si les méduses sont plus nombreuses ces dernières années sur nos côtes, faute de pouvoir les recenser. On peut toutefois se référer au chiffres des pompiers qui ont consacré la moitié de leurs 10.000 interventions aux piqûres en 2011, dans les Alpes-Maritimes. Cependant, il est certain que la surpêche agit sur leur nombre en raréfiant leurs prédateurs comme les thons ou les saumons. « Quant à la pollution, je crois que nous prenons le problème à l’envers, précise Delphine Thibault-Botha. Ce qui est certain c’est qu’elles tolèrent la pollution au contraire des poissons, par exemple. » Et comme elles ne se déplacent qu’à la verticale, des profondeurs vers la surface, les méduses ne peuvent pas quitter les zones de pollution. « On va donc avoir l’impression qu’elles aiment la pollution car il n’y aura pour ainsi dire plus qu’elles. » Toutefois les méduses ne sont pas là que pour embêter les baigneurs. Le venin des méduses Pelagia, par exemple, est actuellement testé pour lutter contre certains cancers et comme antidouleur. Sans oublier les crèmes pour le visage au collagène issu des méduses.

 

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