Face aux requins, la Réunion interdit partiellement la baignade et le surf.

Vendredi 26 juillet 2013 à 15h43

Ce vendredi, le préfet de la Réunion a annoncé de nouvelles mesures de protection anti-requin. Jusqu’en octobre prochain et sur plus de la moitié du littoral, il est désormais interdit de se baigner, de pratiquer le surf ou le bodyboard.


Un requin tigre. crédits photo AFP

Dès ce vendredi, les habitants et les vacanciers ne pourront plus mettre le nez dans l’eau sur n’importe quelle plage de La Réunion. Les activités nautiques ne restent autorisées que sur les zones surveillées par les municipalités, comme à Saint-Gilles, la zone balnéaire et touristique de l’île, et dans le lagon, une zone naturellement protégée. « Les Réunionnais s’y sont toujours baignés en toute sécurité », rappelle Emmanuel Seraphin, adjoint au maire de Saint-Paul. Mais partout ailleurs, la mer est interdite sur une bande de 300 mètres à partir du littoral. Les contrevenants s’exposent à une amende de 38 euros. "C'est une mesure qui a le mérite de la simplicité. Il n'est plus possible d'accepter que la baignade se fasse à ses risques et périls dans des zones non réglementées", a déclaré le préfet Jean-Luc Marx ce vendredi, lors de la présentation des mesures gouvernementales du plan renforcé du risque requin dévoilé la semaine dernière par le gouvernement. La dernière attaque meurtrière, sur une adolescente de 15 ans, a beaucoup ébranlé les Réunionnais. Il s’agissait du premier décès d’un baigneur. "Désormais, on ne pourra plus dire que c'est un problème de surfeurs", avait alors remarqué Jean-François Nativel, président de Océan Prévention Réunion, mettant "élus et scientifiques face à leurs responsabilités". A la suite de ce décès, le tribunal administratif, saisi par le député-maire de Saint-Leu, Thierry Robert, avait donné 15 jours au préfet pour prendre des mesures de « plus grande envergure » contre les attaques de requin, jugeant insuffisantes celles qui existent déjà.

 

Nouvelle vague de pêche aux requins

 

Le préfet a également annoncé une deuxième vague de prélèvements portant sur 90 requins, 45 bouledogues et 45 tigres. La première vague ne portait que sur 20 individus. Les autorités veulent compléter les connaissances actuelles sur la toxine ciguatera, présente dans la chair de certains individus, et qui interdit leur commercialisation depuis la fin des années 90. Le préfet a reconnu qu’il s’agissait là d’un dispositif visant tout autant à réduire le nombre de requins qu’à faire avancer la science. Selon le préfet, les 12 attaques, dont 5 mortelles, depuis 2011 sont le « signe évident » de l’augmentation de leur nombre. Les prises pourront être opérées dans la Réserve nationale marine de la Réunion dont "5% seulement de la surface est interdite à la pêche", a indiqué le préfet, n'excluant pas une "évolution de la réglementation de la Réserve" pour faciliter la pêche. "Certes la régulation se fait à tâtons. Est-ce une raison pour ne pas la faire alors qu'on est confronté à un risque très fort ?", a-t-il ajouté.
Mais les associations de défense des océans ne jugent pas cette option raisonnable. « Tant que tous les requins, jusqu’au dernier, n’auront pas été éliminés, il y aura toujours un risque d’attaque, rappelle Lamya Essemlali, responsable de Sea Shepherd pour la France. Et nous n’avons pas de preuve scientifique de la surpopulation des requins. » Les associations souhaitent convaincre les autorités de s’attaquer à la dégradation de l’environnement marin, comme source du problème, plutôt qu’aux requins qu’ils considèrent comme un symptôme de cette dégradation.
 


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