Navigation à contre cœur vers les hauts fonds de Terre-Neuve

Lundi 12 août 2013 à 17h38

La navigation sur le Gulf Stream n’aura pas duré très longtemps. Après avoir profité de quelques jours sur une boucle supérieure du puissant courant, la rameuse Mylène Paquette a dû se résoudre à mettre du sud dans sa route pour rejoindre les redoutés hauts fonds de Terre-Neuve.


crédits photo: AFP

Depuis son départ, la jeune Québécoise a deux idées en tête : rejoindre au plus vite le Gulf Stream, ce puissant courant océanique qui la portera jusqu’en Europe, et éviter les hauts fonds de Terre Neuve à la terrible réputation. « Il y a comme des montagnes sous l’eau qui provoquent une mer croisée avec de nombreux remous à la surface », explique Mylène Paquette. Les nappes de brouillard, créées par la rencontre entre un flux de sud-ouest humide et la surface froide de l’océan, limitent la visibilité. C’est le courant du Labrador qui passe à Terre-Neuve, charriant avec lui pendant l’été la glace fondue de la débâcle. « Mais je vais devoir me résoudre à passer par là et laisser l’eau à 25°C dont je profite actuellement », regrette-t-elle. En effet, en restant sur la boucle située au nord du Gulf Stream, la navigatrice risquait de finir sa traversée en Espagne et non à Lorient, la remontée vers le Nord une fois engagée dans le Gulf Stream étant trop difficile. Elle doit donc attendre avant de se laisser porter par le courant. « Je ne suis pas heureuse actuellement, lâche-t-elle. Mais je vais le prendre comme un défi de plus. » La navigatrice nous confie également négocier un peu avec son routeur, Michel Meulnet, pour garder un peu d’est dans sa route et rejoindre au plus vite le Gulf Stream. « Mais Michel n’est pas trop d’accord ! » La rameuse sait que des conditions difficiles à Terre-Neuve risquent de peser lourdement sur son moral.


D’autant que ce nouveau défi arrive quelques jours seulement après sa première vraie tempête. En début de semaine dernière, Mylène Paquette a dû s’harnacher à sa bannette, craignant à tout instant de chavirer. « La veille, je n’avais pas dormi car je savais qu’entre 4h30 et 5h30 du matin il y avait une fenêtre météo sans beaucoup de vent, idéales pour me préparer. Alors je ne voulais pas la manquer. Et je voulais garder mon équipement éolien jusqu’au dernier moment pour stocker le plus possible d’énergie. Au final, je me suis attachée en fin de matinée et j’ai somnolé tout en me réveillant à chaque mouvement brusque. » Lors de ces heures bloquée dans sa cabine, Mylène Paquette a l’impression de ne pas pouvoir respirer. « Et on ne s’en rend pas compte mais on se tient quand même, remarque-t-elle. J’étais courbaturée et couverte de bleu en raison des nombreux chocs. » Mais le rameur baptisé Hermel n’a pas chaviré. Une bonne nouvelle, certainement, « mais pour une fois que j’étais prête, cela n’est pas arrivé ! » remarque la rameuse avec une pointe de malice et une bonne dose de fatigue. Le paradoxe est d’autant plus flagrant qu’elle a bien failli chavirer quelques heures plus tard, alors qu’elle n’était pas prête du tout : sans casque ni attache et avec son matériel vidéo sorti. Décidément, le destin est surprenant.


 


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