« J’ai l’impression que le Gulf Stream me nargue »

Mardi 27 août 2013 à 11h37

Une Québécoise sur l’Atlantique – La trentenaire Mylène Paquette souhaite devenir la première femme nord-américaine à traverser l’Atlantique en solitaire à la rame. A 500 milles de la mi-parcours, elle apprend la patience.


Illustration. Crédits photo: AFP

La rameuse avoue sans peine être légèrement « tannée ». En effet, voilà deux semaines que son équipe lui assure qu’elle approche du Gulf Stream, ce puissant courant de 0.7 à 1.5 nœuds qui doit la pousser jusqu’en Europe, mais elle n’y est toujours pas. Elle navigue actuellement sur une veine de à quelques milles du tapis roulant Atlantique. « Au moins, la mer est de nouveau chaude ! » se réjouit-elle dans un clin d’œil, après avoir affronté les hauts fonds glacés de Terre-Neuve. « J’ai comme l’impression que je ne crois même plus à l’existence de ce courant ! lance Mylène Paquette. Je me sens comme un âne qui cherche à attraper une carotte au bout d’un bâton alors que celui-ci recule sans cesse. » Il faut dire que sa première partie de trajet fut compliquée avec une succession de tempêtes. Pour gérer les hauts et les bas de son moral, la sportive est suivie par un coach, chaque semaine par téléphone satellite. Cet ancien athlète olympique l’aide à organiser sa routine à bord et tenir ses objectifs. « Un jour, dimanche ou lundi, j’ai trouvé qu’il était très difficile pour moi de ramer car je n’arrivais pas à rester assise aux avirons. J’étais comme un enfant qui ne veut pas dormir et qui se trouve mille occupations pour y échapper : je partais grignoter, ranger l’éolienne… Mais j’ai fini par m’obliger à rester ramer pendant une heure, avec une récompense à la clef. » Au final, elle a ramé 8 heures cette journée-là. « Avant le départ, je pensais que j’allais ramer 10 à 12 heures par jour, comme je le faisais lors des traversées en équipage, mais mon routeur me l’a déconseillé. Mon équipe préfère que je prenne soin de moi et de mon bateau ! » La rameuse voit son bateau comme un prolongement d’elle-même. « Pour les rames, c’est évident : ce sont des prolongations de mes bras dans l’effort. Mais c’est aussi le cas du rameur dans son ensemble, assure-t-elle. Quand j’entends un bruit inhabituel, je suis inquiète comme lorsqu’une douleur à la tête grandit en moi. » Bientôt, Mylène Paquette va devoir plonger pour nettoyer la coque de son bateau mais cette perspective l’effraie. « Je ne suis pas encore descendue dans l’eau et je le repousse au maximum », explique-t-elle. Puis elle se rappelle qu’elle s’est lancée dans l’aventure lorsqu’une enfant malade lui a reproché de ne pas savoir se battre et de n’avoir jamais dû affronter ses peurs. Elle y pense souvent à bord et retrouve aussitôt le courage qui lui manquait l’instant d’avant.

 

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