La seule maternité française des massifs coralliens

Dimanche 1 septembre 2013 à 06h49

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Aux quatre coins du monde, le corail souffre des tempêtes, de la pollution et du réchauffement climatique. Ainsi, les coraux caribéens ne parviennent plus à se fixer sur des massifs endommagés. Quelques scientifiques, avec la France en tête de file, cherchent donc à maîtriser la reproduction de cet indispensable maillon de notre écosystème.


En Guadeloupe, une équipe de plongeurs venus des aquariums du Gosier, de La Rochelle et de Brest, avec Océanopolis, sillonnent les fonds marins avec de grandes épuisettes pour la mission Planugwa. Ils sont à la recherche des oeufs de coraux, des petites billes blanches visibles à l'oeil nu qui remontent vers la surface. « Nous connaissons avec exactitude les périodes annuelles de ponte, explique Dominique Barthélémy, responsable aquariologie à Océanopolis. En effet, ces animaux étant fixés au sol, ils doivent absolument émettre leur matériel de reproduction en même temps. Pour se synchroniser, ils tiennent compte du pic de température de l’eau, donc fin août ou début septembre, et des phases de la lune. » Le décalage avec la pleine lune (deux ou sept jours) varie en fonction des espèces. « Il suffit donc de plonger à cette période, à l’heure du coucher du soleil, pour prélever les oeufs. »

 

Vers la fécondation in vitro

 

L’objectif des scientifiques est de maîtriser l’élevage des coraux en aquarium à partir des pontes observées dans le milieu naturel. « Il est possible de reproduire les coraux par bouturage, comme des plantes, mais cela ne préserve pas la diversité génétique, précise Dominique Barthélémy. Ce sont des actions bienvenues, lorsqu’elles sont contrôlées scientifiquement, mais très locales. » La reproduction sexuée permet d’envisager des actions de repeuplement pour des espèces menacées dont les larves n’arrivent plus à s’implanter sur des récifs très endommagés. En effet, elles ont besoin d’un support propre pour se fixer et, s’il y a trop d’algues, elles s'étouffent par manque de lumière. En aquarium, les spécialistes français entament leur cinquième année d’essais et parviennent à développer les larves jusqu’à leur sixième mois. « Mais chaque année, nous allons plus loin », note le spécialiste d’Océanopolis. Cette technique de reproduction, initiée par les Japonais, est encore expérimentale mais elle apporte une bonne dose d’espoir aux scientifiques. Ainsi, une équipe australienne a constitué l’an passé une banque de sperme pour assurer l’avenir de la grande barrière de corail. Quelque 70 milliards de spermatozoïdes et 22 milliards d’embryons coralliens ont ainsi été plongés dans l’azote liquide, pour l’ouverture de cette banque innovante. L’idée est de développer ensuite la fécondation in vitro de ce matériel génétique, représentatif de la diversité de la grande barrière.

 

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Diaporama photo de Gili Eco Trust, association de protection des récifs coralliens. 


 


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