Plongée à Porquerolles: une belle leçon d'espoir

Dimanche 8 septembre 2013 à 14h48

Depuis cinquante ans, le premier parc national marin d’Europe, à Port-Cros et Porquerolles protège l’espace marin. La vie sous-marine s’y développe en masse, isolée des dérives de l’activité humaine.


Le président du conseil scientifique, Charles-François Boudouresque, parle avec passion du parc national et ne s’énerve que sur un point : « le premier parc national marin en Europe n’est pas un zoo, répète-t-il. Bien sûr, je connais le nombre de mérous qui profitent de la tranquillité du parc alors qu’ils étaient en voie de disparition – 757 individus – mais je dirais que c’est plutôt l’arbre qui cache la forêt. » Avec la création du parc, les scientifiques ont pu pratiquer un travail de recensement et accueillir des dizaines d’universités étrangères. « Le parc national nous sert de référence de ce que sont les conséquences du réchauffement climatique, précise-t-il. Car nous ne voyons pas les conséquences des excès des activités humaines sur place. » Avant le parc, les scientifiques envisageaient ainsi la diminution du trottoir à algues calcaires comme un effet de la pollution. Mais ils ont remarqué que ce phénomène, qui forme un balcon allant jusqu’à 2 mètres de large au niveau de la mer, disparaissait aussi bien au parc national que dans la région de Marseille. Il s’agit donc d’un effet de la montée du niveau de la mer car l’algue calcaire impliquée disparaît lorsqu’elle est submergée.

 

L’effet réserve

 

C’est aussi grâce au parc national de Port-Cros que les scientifiques ont compris le fonctionnement de l’effet réserve. En effet, lorsque la pêche industrielle est trop intensive, les plus gros individus disparaissent ce qui bloque la reproduction. La grande majorité des poissons passent du sexe masculin au sexe féminin au cours de leur vie. Si les gros individus disparaissent, ils ne restent plus que les poissons masculins qui ne peuvent plus assurer la reproduction. « Il faut aussi savoir que la fertilité des poissons augmente au fil de leur vie, explique Charles-François Boudouresque. Un individu âgé pond 1.000 fois plus d'oeufs qu’un jeune. » Les poissons se reproduisent donc en nombre au sein du parc national et repeuplent les environs. C’est l’effet réserve. Sous l’eau, les plongeurs profitent d’une diversité de la faune qu’ils ne retrouvent pas sur les spots non protégés de Méditerranée. Olivier Oltra, gérant de Porquerolles plongée, assure ainsi qu’un passionné peut plonger une semaine autour de Porquerolles sans revenir deux fois sur le même spot. « C’est une bonne leçon d’espoir, se réjouit-il. L’homme a abîmé la zone pendant une cinquantaine d’années mais avec les mesures adéquates, la nature n’a mis que vingt ans à retrouver une belle allure. » Cet ancien financier a repris le club de Porquerolles pour changer de vie, après avoir plongé une quinzaine d’années sur place comme client. Aujourd’hui, il réussit à convaincre les plongeurs confirmés de revenir sur des zones qu’ils boudaient pour apprécier la diversité retrouvée. « Nous n’avons plus besoin de plonger très profond pour retrouver une belle faune, précise-t-il. A 15/20 mètres, nous retrouvons un fond semblable à ceux que l’on croise à quarante mètres sur d’autres sites méditerranéens. »

 

 

Le site du parc national de Port-Cros

Le site de Porquerolles Plongée


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