Les côtes les plus vulnérables aux cyclones

Jeudi 19 septembre 2013 à 09h58

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Chaque année, plusieurs dizaines de cyclones frappent différents endroits du monde. C’est dans le bassin pacifique nord-ouest qu’ils sont les plus nombreux, mais pas nécessairement les plus destructeurs. La vulnérabilité des zones littorales dépend d’une part de la nature des constructions, mais également du type de cote et de la mise en place de systèmes d’alerte.


Les cyclones les plus meurtriers de l’histoire ont tous eu lieu en Inde ou au Bangladesh. Il est vrai que ces pays combinent tous les critères aggravants à ces aléas climatiques. Les côtes sont très densément peuplées, il s’agit de deltas et de lagunes très favorables à une surcote en cas de houle cyclonique déferlante. D’autre part, les services de prévision locaux ont un impact limité en cas d’alerte, car les villages côtiers n’ont souvent pas accès à l’information. C’était d’autant plus vrai avant les années 1970. C’est justement cette année-là que l’on a observé le cyclone de Bhola, le plus dramatique de l’histoire. Près de 500 000 victimes ont été à déplorer en raison d’une surcote dramatique et surtout d’une totale ignorance de l’arrivée du phénomène. Pourtant, il n’était qu’en catégorie 3 au moment de frapper l’Inde et le Bangladesh.

 

Plus près de nous, le cyclone Nargis avait occasionné une véritable tragédie en Birmanie. Là aussi, c’est avant tout le contexte socio-politique qui est à l’origine du très lourd bilan de 140.000 morts, sans doute très largement sous-estimé. Alors qu’elle disposait des informations, la junte au pouvoir n’a pas réagi, et a empêché tout aide internationale après la catastrophe. Nargis était pour sa part en catégorie 4, avec des rafales à plus de 200 km/h, à son approche il est tombé près de 500 mm de pluie en quelques heures.

 

De manière générale, un delta ou une côte sableuse sera beaucoup plus vulnérable aux assauts d’une mer démontée qu’un littoral rocheux. L’onde de tempête pourra aussi pénétrer davantage dans les terres, et inonder des communes éloignées à plusieurs kilomètres du trait de côte. En revanche, la présence de contreforts montagneux en bordure littorale favorisera une érosion importante, la stagnation durable des précipitations, et donc des glissements de terrain.

Rappelons que les phénomènes tropicaux peuvent avoir différents noms en fonctions de leur zone d’affectation. Dans l’Atlantique, on parlera plutôt d’ouragans, il s’agira de typhons dans le Pacifique nord-ouest, et de cyclones ailleurs. Ce sont les Philippines qui connaissent l’activité la plus importante, avec près d’une dizaine de phénomènes par an. Ces derniers sont parfois dévastateurs, comme en 2009, où Parma et Ketsana avaient provoqué plusieurs milliers de victimes.


Les ouragans américains sont les plus médiatisés, car touchant une puissance économique majeure. Ils peuvent parfois se montrer très violents (on pense bien sûr à Katrina en 2005), mais leur fréquence reste assez modeste au regard de l’Asie du sud-est. C’est la même chose pour les Caraïbes ou le Mexique, même s’il a été touché sur ses deux façades cette année.

 

Les autres régions soumises à des aléas cycloniques sont le sud de l’océan Indien. Bien qu’assez peu fréquents, les cyclones peuvent se montrer intenses à la Réunion ou à Madagascar. Ils sont plus nombreux sur le nord de l’Australie ou la Polynésie, mais cette fois leur impact est limité par un bassin de population très faible. Enfin, deux phénomènes tropicaux se sont développés au large des côtes brésiliennes, ce qui est exceptionnel. L’un d’eux, Catarina, en catégorie 2, avait provoqué de gros dégâts en 2004.
En Europe de l’ouest, on peut retrouver des cyclones post-tropicaux repris dans la circulation nord-atlantique sur les îles britanniques ou la France (comme Hortense en 1984 dans le sud-ouest). Les Açores sont parfois frappés par des phénomènes ayant gardé leurs caractéristiques tropicales et en 2005, Vince, ouragan de catégorie 1, avait frappé l’archipel avant d’impacter l’Andalousie au stade de tempête tropicale.

 

 

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