A bord de Mariska, une vielle dame très rapide

Lundi 7 octobre 2013 à 16h24

Mariska est le second 15m JI construit en 1908 par William Fife. Il ne reste plus aujourd'hui que quatre voiliers semblables avec Tuiga, The Lady Ann et Hispania, récemment rénové.


Crédit photo: Charles Marion

Nous rejoignons Marie Tabarly à l’avant de Mariska, loin de l’agitation du quai d’honneur. Elle nous reçoit avec une certaine méfiance mais se détend rapidement en évoquant « les sensations de malade » sur ce voilier rapide et esthétique. « J’ai embarqué pour la première fois il y a deux ans ½, au hasard de mes navigations en bateau stop », explique la jeune femme. Elle termine maintenant à Saint-Tropez sa deuxième saison de régates classiques. Avec passion, elle décrit les lignes de départ ultra chaudes sur les régates en temps réel. « On tire dessus comme des sagouins ! assure-t-elle. Et en même temps, on ne va pas aller franchement au contact comme avec un J80. Nous naviguons en gentlemen. » En une phrase, elle résume l’essence même de la voile classique, entre témoignage historique et rapidité sur les plans d’eau. « Même si Mariska était le pur-sang de son époque, il ne faut pas oublier qu’elle est maintenant une vieille dame centenaire », complète Bill Leclerc, queue de cheval blonde et yeux d’un bleu vif. Le marin a rejoint l’équipe de Mariska dès le chantier de rénovation de 2007-09 aux Charpentiers Réunis de la Méditerranée. « Il fallait refaire la totalité du gréement », explique-t-il. Bill Leclerc mène une carrière de gréeur autant que d’équipier et ses différentes expériences en voile classique et moderne l’ont nourri pour donner une nouvelle vie à Mariska. En arrivant sur le chantier, avec son associé, son objectif était d’essayer d’être aussi proche que possible de la configuration originale tout en gagnant un maximum de performance. « Nous avons une marge de manœuvre appréciable sur ces voiliers de course, explique-t-il. Par exemple, nous avons utilisé le polyester pour les cordages afin qu’ils ne soient pas trop raides sur le bois. Les voiles ne sont pas en coton, car on n’en fabrique pas, mais nous n’avons pas choisi non plus de textiles trop modernes. » Les dessins des voiles ont légèrement évolué pour gagner en performance et un spi a été ajouté. Le gréement entier pèse 1,5 tonne. « Si nous faisons prendre des risques au bateau, nous en prenons aussi sur nous », avertit Bill Leclerc qui rejoint là Marie Tabarly, évoquant le risque de la chute de la baume. Un peu plus loin, nous rencontrons un nouveau venu, embarqué depuis un mois en remplacement de son frère parti sur le maxi-Spindrift II, Pierre-Antoine Morvan, surnommé PAM. C’est lui quoi assure la tactique sur l’eau. « J’ai reçu les tableaux de temps pour les manœuvres avant d’embarquer et pourtant j’ai été surpris lors des premiers bords : par exemple, Il ne faut qu’une minute pour empanner », rapporte-t-il, admiratif de la performance de ce voilier classique. En tout, Mariska accueille 16 équipiers qui ne demandent pas leur reste à la fin de la journée : le côtre de 90 pieds et de 35 tonnes se manœuvre sans winch.


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