L’esprit de la Mini souffle à Douarnenez

Jeudi 10 octobre 2013 à 12h13

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Les 84 concurrents de la Mini-Transat sont tous arrivés à bon port. Ils apportent avec eux leur esprit de débrouille, leur diversité et leur enthousiasme si caractéristiques de cette épreuve hors normes.


Crédit photo: AFP

36 ans après sa création, la Mini-Transat a gardé sa beauté sauvage. Aucune des prouesses technologiques de la course au large n’a gagné les cockpits des petits voiliers de 6.50 mètres qui s’élanceront de Douarnenez ce dimanche. Si les GPS ont le droit d’embarquer, ils ne sont pas équipés de cartes et les marins doivent donc reporter leur position sur de simples supports papier, à l’ancienne. Pour connaître la météo, il faudra écouter le bulletin météo diffusé chaque jour par radio et prendre quelques notes pour penser la stratégie des heures suivantes. Les organisateurs communiquent également les classements avec les distances au but de chaque concurrent mais pas les positions. Les seuls indices sur les stratégies concurrentes se grappillent donc à la VHF… mais uniquement quand quelques bateaux évoluent à proximité. La Mini-Transat est l’une des dernières aventures marines qui oblige à la solitude totale, sans contact avec la terre. « En moyenne, les concurrents sont plutôt sereins, commente le médecin Carine Le Denmat. Le stress que certains concurrents expriment concerne essentiellement la solitude. » La plus longue étape, entre Lanzarote à Pointe-à-Pitre, est de 2.764 milles.

 

La flotte la plus variée de la course au large

 

Le circuit a su également, au fil des éditions, conserver son ouverture d’esprit. C'est ainsi la course la plus internationale avec 24 nations représentées. Sur les pontons, tout le monde s’entraide, grimpant sur le bateau du voisin pour l’aider à fignoler les derniers réglages. « Sur la Mini-Fastnet, qui se joue en double, j’ai même échangé mon équipière une heure avant le départ, se souvient Alan Roura. Le bateau d’à côté ne pouvait pas partir car personne à bord n’avait validé la formation aux premiers secours. Nous avons donc modifié les équipages ! »
La Mini-Transat attire aussi bien les jeunes espoirs de la course au large qui voient là un tremplin professionnel - à l’image de Gwénolé Gahinet qui rêve d’ajouter une victoire en proto à sa victoire en série lors de la dernière édition ou la Suisse Justine Mettraux qui est attendue en tête de flotte des bateaux de série – que les amateurs éclairés qui posent de longues vacances pour traverser l’Atlantique. C’est ainsi le cas de Yann Le Pautremat, dentiste de profession, ou David Genest qui escalade les immeubles parisiens tout au long de l’année pour assurer les ravalements de façade. Le circuit Mini offre également l’énorme avantage, en ces temps de crise, de pouvoir prendre le départ avec un tout petit budget. Après avoir acheté son bateau 15.000 euros, Alan Roura n’a consacré que 40.000 euros à ses deux saisons sur le circuit 6.50. « C’est un tout petit budget mais j’ai mangé des pâtes et du riz ! s’amuse-t-il. J’ai tout fait seul à bord avec beaucoup de récupération. » Le skipper a également fait l’impasse sur un toit et dormi pendant un an ½ sur son voilier. « Je n’ai retrouvé un lit que deux semaines avant le départ grâce à un ami qui m’a prêté un bout d’appartement à Douarnenez. » Ce week-end, il prendra le départ d’un rêve qui le tenaille depuis ses huit ans, lorsqu’il a croisé la flotte de l’époque à Lanzarote, depuis le bateau de ses parents. Il retrouvera d’ailleurs ces derniers aux Canaries puis aux Antilles car ses parents préparent en ce moment même leur propre voilier pour traverser l’océan. « Ils sont à fond avec moi », apprécie Alan Roura. C’est d’ailleurs avec son père que le jeune homme a franchi la ligne rouge pour la première fois, lors d’une traversée du Pacifique sans pilote automatique. « Nous étions à la barre 24 heures sur 24 heures, raconte le jeune marin. Nous avions beau être deux, nous sommes arrivés à un tel point d’épuisement qu’on n’arrivait plus à savoir ce qu’on disait, on voyait des hallucinations complètes sur l’eau… » Il est donc bien conscient de l’importance de préserver sa santé sur cette nouvelle traversée océanique. « Idéalement, j’aimerais arriver dans les 15 premiers aux Antilles mais surtout je souhaite arriver de l’autre côté avec mon bateau entier. » Son voilier coup de cœur est déjà plus âgé que lui avec ses 20 ans au compteur. « Mon bateau, c’est plus qu’un outil de travail, c’est ma vie, ma maison. J’ai tous mes souvenirs dedans ! » Et d’autres souvenirs à y amasser tout au long de la traversée qui se prépare.

 

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