Sur les traces d’Yvan Bourgnon : la météo à l’ancienne

Mardi 15 octobre 2013 à 09h44

Le 5 octobre dernier, Yvan Bourgnon et Vincent Beauvarlet ont quitté les Sables d’Olonne pour une aventure inédite : un tour du monde en catamaran de sport. A bord, les deux marins n’ont embarqué qu’un sextant, un baromètre, des thermomètres et des cartes sur papier.


Crédit photo: Camellia Ménard

Alors qu'ils bouclent leurs dix premiers jours d'expédition, les deux marins affrontent des « conditions extrêmes », selon leurs propres mots. Ce dimanche, au large de la péninsule ibérique, une houle de 5 mètres et des rafales à 45 nœuds ont failli leur coûter un chavirage. « Le vent s’est pris sous le trampoline et a cabré le bateau jusqu’à la verticale, ont-ils confié à leur équipe. Notre VHF est HS mais le bateau intact : incroyable au vu des conditions dantesques que nous venons d’affronter. » Ce mardi matin, les deux skippers confirmaient les difficultés: "depuis la Corogne, le bateau en prend plein la gueule", ont-ils expliqué sur leur page facebook. Ils assurent garder le moral malgré la fatigue physique.
Pour cette traversée, les deux marins du Défi SMA ont choisi de naviguer à l’ancienne, c’est-à-dire sans l’apport de la météo moderne qui est basée sur la télédétection des satellites d’observation et sur des fichiers de prévisions du vent, de la mer, des pluies, issus des modèles numériques. Ils se contentent donc d’une vue à très court terme que leur permet l’observation attentive de l’évolution des nuages, des vagues, du vent mais aussi de la température et de la pression puisque seuls seront embarqués les thermomètres et baromètre.


Sentir le vent tourner

 

« J’ai la chance d’embarquer un pilote de ligne qui s’y connaît très bien en nuages », s’enthousiasmait Yvan Bourgnon à la veille du départ. « Les deux marins vont devoir reconnaître leur nature, leur stade de développement, explique Eric Mas, directeur de l’information pour La Chaîne Météo / Météoconsult. Mais aussi analyser la vitesse et la direction du déplacement qui renseignent sur le vent d’altitude et possiblement sur la trajectoire des phénomènes météo. » Les marins pourront aussi s'appuyer sur l'observation de la houle. Sa direction, sa hauteur et sa période leur permettront de savoir si le phénomène générateur est plus ou moins lointain et, en fonction de l'évolution de chacun de ces paramètres, s'il s'approche ou non. Autant dire que les deux marins ne risquent pas de s'ennuyer: Yvan Bourgnon a embarqué une tablette numérique chargée de récits d'aventure mais il risque de ne pas avoir beaucoup de temps libre pour s'échapper de sa propre aventure. Enfin, les marins pourront aussi se baser sur la direction du vent associée à la lecture des variations de pression - grâce au baromètre - et de température, après correction de l’évolution diurne. "L'interpétation du système nuageux, annonce à quel niveau on se situe par rapport à la rencontre d’une perturbation", précise Eric Mas avant de conclure: " Ces moyens naturels permettent, dans une certaine mesure, d’anticiper un vrai changement de régime se traduisant par exemple par l’arrivée de la pluie, la rotation du vent ou l’accalmie de la mer". Des informations essentielles pour éviter les coups durs météorologiques mais aussi pour rejoindre une zone de pluie afin de recharger les réserves d’eau douce sur ce bateau au confort très précaire.

 

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Le blog d'Eric Mas: Avis de météo
 


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