Sous l’eau, il n’y a pas de monde du silence

Jeudi 17 octobre 2013 à 14h19

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Le monde sous-marin est tout sauf silencieux. Des chercheurs français ont décidé de le mettre sous écoute pour mieux le protéger.


Plongée en Méditerranée. Crédits photo: Sophie Savant Ros

Les oursins dont le squelette craque pendant les repas, les coquillages qui s’ouvrent et se referment, le bruit de la pluie et les vocalises des mammifères marins… « On écoute absolument tout sous la mer », assure Cédric Gervaise, à l’occasion d’une présentation du programme de recherche cette semaine à Brest. « Les animaux, mammifères, poissons et crustacés, produisent une cacophonie insoupçonnée », précise ce chercheur grenoblois, co-titulaire de la chaire d’excellence industrielle Chorus. Tout comme les activités humaines, transports maritimes ou production d’énergie marine renouvelable. Les chercheurs ont donc décidé de décrire cette cacophonie pour mieux la protéger. Il s'agit de « savoir si l'environnement est en bon état ou pas, de savoir s'il change et comment il répond aux différentes pressions auxquelles il est soumis », via la mise en place d'outils et de protocoles d'interprétation de ces paysages acoustiques sous-marins, précise Cédric Gervaise.
« On a quelques connaissances sur l'ambiance sonore de la mer, mais cela reste parcellaire et l'originalité de la chaire est qu'on tente de la décrire dans sa globalité », souligne sa collègue Lucia Di Lorio. « Il y a eu des études sur l'influence du bruit sur les mammifères marins ou les poissons, mais il y en a très, très peu sur les invertébrés, malgré l'importance de leur rôle écologique et économique », explique-t-elle.

 

Capteurs nouvelle génération

 

Des capteurs de sons de nouvelle génération, à savoir non intrusifs et dotés d'une grande autonomie, ont ainsi été placés dans des lieux stratégiques comme le parc naturel marin d'Iroise, haut lieu de la biodiversité marine au large de la Bretagne, l'Arctique ou le rail de Ouessant, dispositif de séparation du trafic maritime au large de l'île bretonne du même nom et qui constitue l'un des passages maritimes les plus fréquentés du monde. Dans l'Arctique, il s'agit par exemple de mesurer l'impact du changement climatique sur la faune marine en étudiant le bruit généré par la fonte des glaces et celui émis par les mammifères marins ou encore l'impact sur cette faune de l'ouverture potentielle de nouvelles voies maritimes. Ailleurs, la description acoustique de l'environnement marin peut servir à mesurer l'impact sur celui-ci de l'installation de machines pour produire de l'énergie marine, comme les éoliennes ou les hydroliennes.

 

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