Une Québécoise sur l’Atlantique : le stress de l’arrivée

Vendredi 18 octobre 2013 à 14h23

A environ un mois de son arrivée à Lorient, Mylène Paquette se rapproche de son objectif : devenir la première femme nord-américaine à traverser l’océan à la rame.


"Quand les vagues se mélangent aux nuages. Le ciel sur babord et la mer à tribord !" Crédits photo: Mylène Paquette

La rameuse a franchi deux limites symboliques : celle de la mi-chemin et celle du 100e jour de navigation. « C’est particulier ce chiffre rond », commente celle qui espérait au départ traverser l’Atlantique en une centaine de jours. Mylène Paquette pense maintenant arriver à Lorient entre le 12 et le 20 novembre, après une traversée éprouvante. « Là, je suis vraiment contente de pouvoir ramer. Et je sais que je dois en profiter car les deux dernières semaines, à l’approche des côtes s’annoncent sportives. » Depuis la mi-chemin, la jeune femme commence à parler de l’arrivée avec son équipe à terre.

 

Lorient en vue !

 

« Nous nous sommes obligés à ne pas en parler avant, explique-t-elle. C’est vraiment excitant car nous faisons la liste de ceux qui seront à Lorient, nous organisons la location d’une maison… » Des pensées positives qui l’aident à supporter les aléas météorologiques. « Je viens de retrouver le soleil après trois semaines de pluie, rapporte-t-elle. Même avec mes verres fumés sur le nez, mes yeux pleuraient lorsque le soleil est revenu. J’ai dû mettre mon bonnet par-dessus mes lunettes ! » Son lieu de vie, très bas sur l’eau et donc très humide, n'a pas séché lors des trois semaines de précipitations. « Les cinq derniers jours, je n’arrivais plus du tout à me mettre au sec, même mes cirés ne séchaient pas et je n’avais que des chaussettes mouillées aux pieds. » Pour dormir, elle essayait d’envelopper son oreiller trempé dans ce qui lui restait de plus sec et se glissait dans son duvet humide. « Je réalise que j’affronte un environnement vraiment hostile : l’homme n’est pas fait pour être mouillé tout le temps ! » Et, ironie du sort, elle commence à regretter ses premières semaines de navigation, si éprouvantes sur le moment avec de nombreuses tempêtes. « Mais j’étais au sec ! Je n’ai pas eu une goutte de pluie pendant les deux premiers mois », insiste-t-elle dans un rire. Sa voix semble plus enthousiaste par téléphone depuis qu’elle nous parle de la ligne d’arrivée même si quelques inquiétudes pointent désormais. « Je sais que je vais avoir un programme très chargé à terre, explique-t-elle. Je vais embarquer sur le Queen Mary II à la fin du mois de novembre et j’espère traverser de nouveau l’Atlantique – en avion cette fois – pour être de retour à Paris pour le salon nautique du 7 au 15 décembre ! Je ne vais donc passer que quatre à cinq jours avec mes proches à Montréal. Alors il ne faut pas que je sois malade avec tout cela ! » Après une conversation avec une amie navigatrice, Mylène Paquette a réalisé que les microbes pouvaient se montrer féroces avec les solitaires de retour à terre. En effet, depuis plus de 100 jours, son corps ne produit plus autant de défenses immunitaires qu’à terre. Mais cette inquiétude ne parvient pas à effacer son sourire.


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