Plus de tornades en bord de mer ?

Mercredi 23 octobre 2013 à 17h00

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L’épisode significatif de tornades qui a touché le nord de la France, l’Angleterre et le Bénélux le week-end dernier a concerné des pays riverains de la Manche et de la mer du Nord. La proximité de la mer est-elle un facteur aggravant dans le déclenchement des tornades et leur localité ? Figaro Nautisme fait le point avec un expert météo.


Crédits photo : James Alcock / AFP

S’il y a bien de 10 à 20 tornades par an signalées en France, la plupart se produisent au nord de la Seine, en direction de la Belgique, à proximité des côtes de la Manche. Peut-on établir un lien évident entre la proximité de la mer et la formation de ces phénomènes tourbillonnaires terrestres ? La réponse la plus communément admise est «non», car les tornades se forment majoritairement sur de vastes espaces continentaux surchauffés (Grandes plaines américaines, Russie ou même Allemagne), loin de l’influence océanique. «Mais ce cas de figure est plutôt caractéristique de la saison estivale, explique Régis Crépet, météorologue pour Météo Consult-La Chaîne Météo. En revanche, l’automne et l’hiver sont des saisons où les orages d’air froid sont plus nombreux: ceux-là se produisent plutôt à proximité des littoraux». Rappelons que les tornades se forment pendant les orages, lorsque l’instabilité entraîne des mouvements de l’air ascendants et descendants. Lorsque les conditions sont réunies, notamment un jet-stream puissant en altitude, ces courants ascendants entraînent un tourbillon dont la vitesse est comprise entre 100 et 400 km/h (pour les plus forts). Si ce phénomène tourbillonnaire se produit sur la mer ou un grand lac, on parle de trombe marine.


Le contexte météo du week-end dernier était particulièrement instable avec la proximité d’une grosse dépression positionnée sur l’océan Atlantique : «des masses d’air chaud et humide d’origine tropicale remontaient jusqu’au nord de la France, alors qu’en altitude, une irruption d’air froid est arrivée de l’ouest, précise l’expert». Résultat, des lignes d’orages se sont formées, circulant rapidement de la Bretagne au Bénélux en passant par le bassin parisien.


La mer : un réservoir de chaleur en hiver
La présence de la mer ne semble donc pas spécialement mise en cause dans cet « outbreak » européen. Cependant, dans certaines situations, lors des orages d’automne et d’hiver, l’humidité et la chaleur dégagée par la mer accentuent le phénomène et peuvent conduire à la formation d’orages plus violents que dans les terres. «A cette époque de l’année, la température de la mer est plus élevée que celle de l’air au-dessus des terres, donc l’instabilité a davantage tendance à se développer le long des littoraux rappelle Régis Crépet. Les orages y sont plus fréquents et plus forts, souvent générateurs de grêle et parfois de trombes». Lorsqu’une trombe marine touche la côte, elle perd rapidement de son intensité, mais parfois, emportée par le flux d’altitude, elle peut poursuivre sa trajectoire dans les terres sur plusieurs kilomètres et évoluer alors en tornade terrestre. Le Pays de Caux, le Boulonnais et les Flandres (ainsi que la Belgique et la Hollande) sont particulièrement exposés à ce risque.

 


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