Tempête ou dépression explosive ?

Samedi 26 octobre 2013 à 08h40

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Alors que la première tempête automnale de l’année est attendue lundi du Golfe de Gascogne à la Manche et à la Mer du Nord, la problématique qui se pose aux prévisionnistes est de définir à la fois la trajectoire précise de ce phénomène, l’intensité de la dépression et des vents associés. L’occasion de revenir sur les éléments susceptibles de transformer une simple tempête en « bombe », comme on se plait à le dire en météo.


Crédits photo : MARCEL MOCHET / AFP

La prévision des tempêtes en zone littorale n’est pas spécialement compliquée, tout réside dans la vitesse du courant-jet, ou « Jet-stream », ces vents de haute altitude qui circulent d’ouest en est autour de l’hémisphère nord entre 6 et 15 km d’altitude, et aussi dans la formation des dépressions de surface, mesurées en hectopascals (hPa). Si le jet-stream, qualifié de « rail des dépressions », est relativement constant, la formation des tempêtes est plus aléatoire et trouve son origine dans le conflit des masses d’air. Sous nos latitudes, l’air froid descend du nord tandis que l’air chaud remonte du sud ; sous l’effet de la rotation de la Terre (force de Coriolis), un mouvement rotatif de grande échelle se met en place : ainsi naissent les dépressions. Plus la différence de pression atmosphérique est importante entre le cœur de la dépression et les hautes pressions environnantes (anticyclones), plus les vents qui s’y engouffrent souffleront forts. En météo marine, on parle de tempête dès lors que la force 10 Beaufort est atteinte (vents moyens de 89 à 117 km/h avec des rafales de 110 à 150 km/h). Plus couramment, dans les terres, on parle de tempête dès que les rafales de vent atteignent la barre des 100 km/h.



Dépressions et tempêtes explosives ?

Une fois prévue la formation d’une dépression, il devient nettement plus difficile de quantifier longtemps à l’avance sa trajectoire précise et la force des vents qui l’accompagneront. Car la différence est conséquente entre une « simple tempête » et une dépression explosive, ce qualificatif est utilisé pour parler des tempêtes qui dégénèrent en monstre dévastateur, telles que celles de décembre 1999, ou encore Klaus en 2009.
Les éléments qui provoquent la brutale intensification d’une tempête sont désormais identifiables quelques jours avant. En effet, de grands progrès ont été réalisés dans la modélisation depuis les années 1999. La prévision de Klaus avait été un succès ; celle de Xynthia a été ternie par la réaction de la mer qui, par effet de surcote (marée haute de fort coefficient), a submergé dramatiquement un littoral vulnérable.



Les « ingrédients » météo qui peuvent emballer le mécanisme sont une accélération inhabituelle du Jet-Stream ainsi que sa descente anormale vers les basses couches de l’atmosphère (on parle « d’anomalie de tropopause »). Si, de surcroît, cette anomalie entre en phase avec le passage du cœur de la dépression, il se forme un effet d’accélération qui provoque littéralement l’explosion du système, c’est ce qui s’était produit en décembre 1999, deux fois de suite. Autant dire que le risque statistique est minime. Les principales raisons de tels phénomènes résident dans un conflit de masses d’air particulièrement puissant, dans la vitesse de circulation de la dépression ou encore dans la remontée d’une dépression subtropicale à cœur chaud, voire d’un ancien ouragan (comme ce fut le cas en Bretagne et en Basse-Normandie en octobre 1987, avec des vents ayant dépassé les 220 km/h à Granville dans la Manche, par exemple).
 

 

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