Doit-on craindre une nouvelle tempête cette nuit ?

Dimanche 3 novembre 2013 à 18h40

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Si la tempête Christian a laissé place au retour temporaire d’un anticyclone sur la France, les conditions se dégradent à nouveau pour ce soir sur l’Atlantique, la Manche et la mer du Nord.


Crédit : Météo Consult / La Chaîne Météo

La première tempête d’automne, nommée Christian, aura généré des rafales à plus de 60 nœuds de la Bretagne au Cap Gris-Nez et des creux de 9 mètres dans le Golfe de Gascogne. Depuis jeudi, un premier front froid de faible activité circule le long des côtes de la Manche, ouvrant la voie aux perturbations suivantes.

 

Le défilé des perturbations

 

Dès vendredi dernier, les dépressions sur l'Atlantique ont repris leur circulation à la latitude des îles britanniques, c’est à dire un peu plus nord que Christian. Cela limite un peu l’impact des grands vents sur la Manche mais tout de même, il faut s’attendre à plusieurs jours de grands frais à coups de vent, jusqu’à mardi prochain. Méfiance, car en fonction de la position géographique et du creusement de ces dépressions qui passent rapidement, il s’en faut de peu pour atteindre ponctuellement le seuil de la tempête. Rappelons à ce sujet que l’on parle de tempête en météo marine dès lors que les vents moyens atteignent la force 10 Beaufort, c’est à dire entre 48 et 55 nœuds (89 à 102 km/h). La mer devient blanche, avec de grosses lames et de puissants rouleaux, tandis que les crêtes des vagues partent en tourbillons d’écume.

Le jet stream : le rail des dépressions

 

Les dépressions sont des zones de basses pressions, mesurées au niveau de la mer (inférieures à 1013,25 hPa, ou 1015 hPa par simplification), qui se creusent sous l’influence des conflits de masses d’air. Concrètement, plus les isobares (ces lignes qui relient les points de même pression) sont resserrés, plus les vents soufflent forts : on parle de « gradients de pression ».

Ces dépressions ne circulent pas de façon erratique, elles sont guidées par des vents puissants soufflants de l’ouest vers l’est en haute altitude (entre 7000 et 12000 m environ), faisant le tour de l’hémisphère nord, il s’agit du Jet Stream. Ce courant aérien dirige les dépressions comme sur des rails de chemin de fer. Lorsque certaines conditions sont réunies, le Jet Stream peut interagir violemment avec les dépressions de surface, conduisant à une explosion, c’est à dire une baisse très rapide de la pression. C’était le cas des grandes tempêtes de décembre 1999, et dans une bien moindre mesure avec Christian, lorsque la dépression s’est ruée vers le Danemark dimanche dernier.
 

Ce week-end : dépression explosive ?

 

La prévision des tempêtes passe donc par l’analyse conjointe de la pression de surface et de la vitesse du Jet Stream. Le risque pour ce week-end serait que ces dépressions soient amplifiées par ces vents de haute altitude. Interrogé à ce sujet, Régis Crépet, météorologue pour Météo-Consult / La Chaîne Météo, indique que « la configuration n’est pas la même que celle du week-end dernier. Christian est entré en phase avec un jet-stream en voie d’accélération entre la Manche et le Danemark, soufflant à près de 300 km/h à cette altitude. La dépression de surface, propulsée en sortie gauche du Jet (facteur aggravant) s’est transformée en bombe en arrivant sur la mer du Nord, avec des rafales ayant atteint 193 km/h. Or, ce n’est pas tout à fait le cas prévu pour ce week-end. En effet, d’une part le Jet Stream sera moins rapide (environ 250 km/h à 7000 m d’altitude), mais surtout il ne sera pas directement en phase avec les dépressions. Ce petit décalage est suffisant pour éviter le déclenchement d’une tempête ».

Malgré tout, le flux est très dynamique et les perturbations se succédent tous les jours juqu'à mardi prochain. Ce grand flux zonal (soit le flux d’ouest océanique), concernant tout l’Atlantique nord, génère des trains de houle successifs. Ces derniers sont en hausse constante jusqu’à lundi. Sans atteindre les 10 mètres liés à la tempête Christian, on attend une houle de 5 à 7 mètres sur le proche Atlantique dimanche soir.

 

Des coefficients de marée en hausse : facteur aggravant à la côte

 

Potentiellement, cette mer devenant très grosse peut s’avérer plus dangereuse que le week-end dernier en raison de l’augmentation des coefficients de marée. Proches de 30 au passage de Christian, les coefficients montent jusqu’à 100 demain lundi. Autant dire que les vagues vont déferler au plus haut sur la côte, tapant de plein fouet les digues et les rochers exposés à l’ouest. Le spectacle de cette mer déchaînée s’annonce grandiose, mais il convient d’être très prudent. Néanmoins, là aussi, le risque d’une surcote n’est pas véritablement marqué, mais des débordements ponctuels au moment des pleines mers seront possibles.


Les surfeurs se feront sans doute moins plaisir qu’au passage de Christian sur la côte Aquitaine, car le vent soufflant du large Onshore aura tendance à casser la houle, laquelle est déferlante et ne présente plus les tubes si appréciés des sportifs. A moins de descendre plus au sud, sur la côte portugaise, loin de la zone ventée mais exposée à la houle qui finira par arriver une nouvelle fois pour un week-end qui s’annonce très certainement grandiose.
 


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