Un hiver qui s’annonce mouvementé

Mardi 12 novembre 2013 à 06h40

L’hiver 2013/2014 a déjà fait couler beaucoup d’encre. Une rigueur record a été évoquée dès le mois d’octobre. Cependant Régis Crépet, prévisionniste pour Météoconsult, dresse des prévisions plus nuancées.


Crédits photo: Damien Meyer / AFP

Deux prévisionnistes, un Allemand et un Américain, ont évoqué dès le mois d’octobre, un hiver au froid extrême, pariant même sur une saison record sur cent ans. Les deux scientifiques se basaient sur l’arrivée de masses d’air arctiques au-dessus de l’Europe, conjuguée à une baisse de l’activité solaire. Chez Météoconsult, Régis Crépet conclut davantage à une évolution très chaotique sur l’Europe, avec de forts conflits de masses d’air en perspective.

 

Les indices qui font pencher la balance vers le froid

 

« L’accumulation d’air froid au-dessus de la zone arctique pourrait faire toute la différence pour ces prochaines semaines, explique Régis Crépet. Ces masses d’air modifient la circulation atmosphérique autour de la zone polaire : lorsque l’air froid entraîne la formation d’un anticyclone sur ces hautes latitudes, ces indices sont dits négatifs, ce qui est favorable à l’écoulement des vagues de froid vers le sud, aussi bien pour le continent américain que pour l’Europe. » Actuellement, ces indices entament une forte baisse, parallèlement à la recrudescence du grand froid en Sibérie Orientale. On a relevé jusqu’à –43°C en Yakoutie le 5 novembre, un record de froid pour cette époque de l’année. Le spécialiste des prévisions saisonnières observe également attentivement l’oscillation Nord Atlantique, ou NAO. « C’est un véritable balancier atmosphérique au-dessus de l’Atlantique nord », précise-t-il. Cet indice mesure la différence de pression entre l’Islande et le Portugal. « En cas de NAO négative, les vents d’ouest sont ralentis, laissant alors progresser les masses d’air issues de Scandinavie ou de Russie, poursuit Régis Crépet. C’est ce qui s’est fréquemment produit ces derniers hivers. » Depuis le début de l’automne, la NAO est restée fortement positive, avec comme conséquences les vents d’ouest doux et humides et les coups de vent. Mais progressivement, cet indice est également orienté à la baisse. Le troisième indice à surveiller est le jet stream, ces vents de haute altitude qui tournent autour de l’hémisphère nord avec plus ou moins de vigueur. Il était particulièrement fort lorsque la tempête Christian a balayé la Manche, de la pointe bretonne au Danemark. « Lorsque le jet est dynamique, il génère la circulation des dépressions, explique Régis Crépet. Mais s’il ralentit ou s’il plonge vers le sud, il ouvrira la voie aux masses d’air froid qui pourront envahir l’Europe. » C’est ce qui est pressenti pour la deuxième moitié de l’hiver.

 

Un hiver en deux temps

 

Régis Crépet table donc sur un début d’hiver perturbé et changeant, sous l’influence des perturbations atlantiques. « Même si les températures moyennes restent dans un premier temps proches des normales, il faudra se méfier de brusques variations de temps avec diverses conséquences : inondations, coups de vent, fortes amplitudes thermiques… », précise-t-il. Puis une tendance plus froide et propice aux chutes de neige se dessine pour février et mars. « Mais il n’est pas possible d’être plus précis à une telle échéance, sachant qu’à une centaine de kilomètres près - ce qui est peu à l’échelle d’une prévision saisonnière- nous pouvons passer d’un froid sibérien à une grande douceur océanique… », nuance le prévisionniste.

 


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