La Bora : des rafales à plus de 200 km/h en mer Adriatique

Mardi 12 novembre 2013 à 16h46

Mots clés : , , ,

Les tempêtes méditerranéennes peuvent être redoutables : ce week-end du 11 novembre l'a encore démontré sous le souffle da la bora, le furieux grand frère de notre mistral.


De violents orages de grêle et des rafales à 155 km/h au Cap Corse. Sous l'effet de la dépression "del San Martino", la colère du ciel s'est faite sentir sur les côtes françaises, italiennes, maghrébines et balkaniques, avec des rafales maximales de 237 km/h. Le cœur de la dépression, ainsi baptisée par les italiens en ce lundi de la Saint Martin, s’est creusé à 1000 hPa en glissant en Mer Tyrrhénienne, le long de la côte Italienne. C'est en Croatie que les tempêtes atteignent parfois des paroxysmes insoupçonnés, sous l'influence de la bora, ce vent froid et brutal qui descend des montagnes de l'arrière-pays.

 

Un appel d'air extrêmement violent

 

La bora est parfois comparée à notre mistral ou au meltem grec. «Il est vrai que c'est un vent froid venant de l'intérieur du continent, confirme Régis Crépet, prévisionniste pour Météoconsult. Mais son mécanisme est un peu différent» Pour que la bora se déclenche, il faut qu'une dépression se creuse dans les parages de l'Italie et qu'une masse d'air froide descende de Russie vers les Balkans. «Cette combinaison engendre une accélération des vents de nord-est, froids et denses, qui viennent s'engouffrer vers le coeur dépressionnaire», précise Régis Crépet. Rappelons que les masses d'air tournent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre autour d'une dépression.

 

La formation de la bora est encore amplifiée par un autre paramètre: les montagnes qui bordent la côte dalmate. Cette chaîne de montagnes, surnommée les «Alpes Dinariques», s'étend du nord au sud, de la Slovénie et de l'arrière-pays de Trieste (à la frontière avec l'Italie) jusqu'au Monténégro en longeant la Croatie (Dubrovnik). «Lorsque le vent froid arrive depuis la Russie via la Hongrie et la Roumanie, explique le météorologue, l'air est obligé de passer par-dessus ces montagnes, puis il redescend à pleine puissance de l'autre coté, sur le littoral. Il s'agit d'un vent descendant, dont la force est renforcée par la compression.» C'est le principe des vents catabatiques. La bora est l'un des vents régionaux les plus forts au monde et le plus puissant du bassin méditerranéen.

 

Des rafales glaciales

 

Ainsi, deux ou trois fois par an, un «coup de bora» se déclenche sur ce littoral Adriatique, lorsqu'une pulsion d'air froid arrive de l'Europe centrale. Sa puissance n'est pas toujours aussi extrême mais cette fois-ci, les rafales ont atteint 237 km/h à Razanac (Croatie): le record de bora serait de 304 km/h, fin décembre 2003. La ville portuaire de Trieste, à la frontière entre l'Italie et la Slovénie, avait connu des rafales à 188 km/h en 2010 et 176 km/h en mars 2011. Sous son effet, la mer se couvre d'écume qui s'envole littéralement en embruns, et des creux de 5 mètres se creusent dans les détroits ; mais s'agissant d'un vent de terre, les vagues au littoral ne déferlent pas avec la puissance que l'on pourrait imaginer dans une telle situation extrême. Enfin, ajoutons qu'il s'agit d'un vent froid avec des températures souvent proches de 0°C et accompagné d'orages de grêle et même de tempêtes de neige: dans ces conditions, la température ressentie peut s'apparenter à du -25°C.

Tout comme notre mistral, un coup de bora dure entre un et trois jours, avant le retour d'un temps calme et parfaitement ensoleillé. On ne le dira jamais assez: la Méditerranée est extrêmement capricieuse.


SERVICE:
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 3264**.
Recevez la newsletter
tous les jeudis
* 3201 : Prévisions pour la France - 2,99€ par appel   ** 3264 : Prévisions pour le Monde - 2,99€ par appel
Fermer
Recevez chaque jeudi les coups de coeur de la rédaction