Lanzarote, un havre de paix pour loups de mer

Samedi 16 novembre 2013 à 09h22

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Pas de trêve hivernale pour les Canaries. Les trois marinas de Lanzarote reçoivent les adeptes de la navigation transatlantique et les marins professionnels en entraînement.


La Chaîne Météo

Lanzarote n'a plus à prouver ses qualités balnéaires avec une moyenne de 21 °C toute l'année et un soleil au beau fixe. L'île la plus orientale des Canaries se traverse en moins de quarante minutes et offre de longues plages de sable blanc, une houle atlantique pour la planche à voile, des eaux translucides et des criques pour la ­pêche. Mais, depuis quelques années, Lanzarote muscle également son jeu maritime. Les trois marinas ouvrent chaque hiver leurs pontons à des marins de tous acabits. Les affamés d'océan d'abord, qui débarquent de novembre à février, lorsque les ­cyclones tropicaux se calment aux ­Antilles et que la saison des transatlantiques bat son plein. «Je saute dans l'inconnu, nous confiait ainsi Ludovic Méchin, concurrent de la Mini Transat, avant de larguer les amarres en Espagne ce mercredi. Je n'ai jamais navigué longtemps en solitaire. Alors cela me rassure de savoir que sur mon chemin vers la Guadeloupe, je peux prévoir une courte escale à Lanzarote pour bricoler.»

Toute la flotte doit virer une bouée au large de l'île, et l'organisation de la Mini Transat, après avoir annulé l'escale officielle initialement prévue, y autorise les arrêts au stand. C'est l'Italien ­Giancarlo Pedote qui devrait profiter des parfums de l'île, dès ce week-end. Soleil en vue! Les solitaires qui poseront pied à terre croiseront sans doute les voiliers du circuit international RC 44, ces fines coques en carbone en compétition à Lanzarote, du 20 au 24 no­vembre. Ils pourront également saluer ­Samantha Davies, la plus bretonne des naviga­trices britanniques, ou la championne Liz Wardley, navigatrices en rose vif de la team SCA. L'équipe 100 % féminine est venue préparer la Volvo Ocean Race 2014-2015. «Il y a près de trente ans, mon oncle, le skipper britannique Julian Brooke-Houghton, venait déjà boucler sa préparation olympique à Lanzarote, sourit Melanie Symes, responsable adjointe de la marina de ­Puerto Calero. Mais il est vrai que le nautisme s'est ­fortement développé ces dernières années.» Les marinas ont poussé comme des champignons.*

 

Pas de mauvaise surprise météo

 

Depuis 2007, Lanzarote a ainsi accueilli pas moins de cinq bateaux de la Volvo Ocean Race dont les deux derniers vainqueurs, Ericsson et Groupama. «On trouve tout de suite les conditions de navigation du large avec de la mer et des vents soutenus», appréciait alors le champion Franck Cammas. Les alizés enveloppent les Canaries d'un vent ­stable, entre 15 et 25 noeuds, soufflant de secteur nord-est. Pas de surprise pour les équipages. «L'alizé s'intensifie de façon constante au fil de la journée, ce qui permet de préparer un planning ­quotidien en fonction des conditions de vent souhaitées», précise ainsi Éric ­Yoldjoglou, un amateur de voile français établi à Lanzarote. Et pas de contretemps non plus puisque les tempêtes ne perturbent pas l'archipel. «Soit une tempête est tropicale et elle se forme plus bas vers l'équateur, analyse Éric Mas, directeur de l'information pour Météo Consult. Soit elle naît du conflit entre l'air froid et chaud et elle frappe plus haut, à partir du Portugal.»

Cette constance est cruciale pour les équipages de la Volvo Ocean Race. Le règlement stipule qu'ils ne peuvent pas naviguer plus de 110 jours avec le bateau d'entraînement, l'année précédant la course. Les équipages de la Volvo Ocean Race côtoieront alors les duos de la Barcelona World Race, course autour du monde sur le parcours du Vendée Globe. En effet, les organisateurs ont fait de Lanzarote la base d'entraînement officielle des équipages pour l'Atlantique, après les demandes de plusieurs skippers britanniques. «Près de cinq teams sont déjà très intéressées par les conditions, notamment au niveau logistique», ­assurait le directeur de la marina ­Rubicon lors de la signature de l'accord. L'organisation de la Barcelona World Race table sur des sessions d'entraînement de deux semaines, plutôt que sur des installations durables, et apprécie donc la proximité de l'île, à seulement quatre heures d'avion au départ de Paris.


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