Le Brésil renoue avec sa tradition maritime

Lundi 2 décembre 2013 à 10h33

Le pays mène une politique volontaire de développement du nautisme. Le port d'Itajai, qui accueille en ce moment les marins de la Transat Jacques Vabre, est au coeur du dispositif.


La Chaîne Météo

Pendant plus d'un mois, les amoureux de la course au large n'ont eu d'yeux que pour le Brésil. Les uns après les autres, les concurrents de la Transat Jacques Vabre ont mis l'étrave sur Recife, surprenant les parfums de la terre. Mais il fallait encore virer et commencer une longue descente. «Itajai se cache au fond d'une large baie», précise Fabrice Amedeo, journaliste pour Le Figaro, arrivé en sixième position des Class40 ce dimanche à Itajai.

Les marins hissent fièrement leurs pavillons, comme les grands explorateurs du XVIe siècle. Pourtant, ici, la navigation à la voile est encore peu pratiquée. Itajai est un port industriel, le premier du Brésil pour la pêche, et son goût pour les winchs et les trinquettes est récent. La ville a gagné ses lettres de noblesse océaniques en 2012 avec l'accueil réussi de la Volvo Ocean Race, la fameuse course autour du monde par étapes. «Nous attendions 150 000 personnes et nous en avons finalement accueilli le double», se réjouit Fabio Mota, secrétaire national brésilien au Tourisme. Le succès populaire est au rendez-vous. Tant et si bien qu'Itajai renouvelle l'expérience pour l'édition 2014-2015. Les couleurs jaunes et vertes s'afficheront également sur la coque d'un des concurrents et sur les pontons d'une autre ville d'escale, Recife.

Le pays dispose d'atouts nautiques évidents avec son climat favorable et 9 600 kilomètres de côtes, sans oublier sa proximité avec la plus grande zone de plaisance mondiale, les Caraïbes. Mais seul un Brésilien sur 1 600 possède un bateau contre un Français sur 120. «Le nautisme est encore perçu comme une activité de luxe», concède Fabio Mota en évoquant les deux salons nautiques existants qui misent sur le haut de gamme, Rio et Sao Paulo. Le géant français Bénéteau réalise ainsi la majorité de son chiffre d'affaires au Brésil sur ses plus grands modèles. Le gouvernement brésilien est bien décidé à changer cette image pour développer les marinas et donner des ailes à un secteur encore restreint.

Le secrétaire national brésilien du Tourisme était donc au Grand Pavois de La Rochelle en ­septembre dernier pour lancer un cousin brésilien du populaire salon à flot. Une centaine de bateaux sont attendus à Itajai du 11 au 16 février 2014, avec de nombreux baptêmes nautiques au programme. L'idée est de convaincre la classe moyenne, draguée par les chantiers navals du monde entier, de larguer les amarres.

Là encore, Itajai n'a pas été choisie au hasard. La ville est entourée des plus grands constructeurs navals brésiliens et internationaux. Avec une barrière fiscale élevée, le pays incite les leaders mondiaux à s'installer sur place. «À ma connaissance, le marché brésilien est celui vers lequel l'exportation est la plus chère, nous confirmait ainsi Dieter Gust, directeur général de la division bateau pour Bénéteau, en présentant l'usine locale du géant français. Un bateau qui vaut 100 sera finalement payé 240 avec les coûts logistiques et les taxes d'importation.» Or, le marché brésilien, avec une croissance à deux chiffres, s'avère indispensable pour les chantiers européens qui misent sur l'exportation pour échapper à la crise. Les clients potentiels ont déjà une culture du soleil et du plein air, plus prometteuse pour l'instant que l'autre grand marché émergent, la Chine. Et même si le marché du bateau à moteur domine largement avec seulement cinq voiliers exposés en 2013 sur les deux salons existants, les grands acteurs de la voile sont confiants. «Nous croyons fermement au potentiel de la voile dans un pays très axé sur le développement durable», conclut Alain Pochon, organisateur du Grand Pavois.

 

 

A la conquête de l’Amazone

 

L’Amazone est le fleuve de tous les superlatifs. Plus long que le Nil, il traverse six états et remporte la palme de l’abondance : 185.000 m3 d’eau douce à la seconde s’échappent de son estuaire pendant la saison des pluies. Le volume d’eau douce qu’il déverse dans l’Atlantique est tel qu’il modifie la salinité et la couleur de l’eau de mer à plusieurs centaines de kilomètres des côtes du Brésil. Un rêve de plaisancier. Mais pour pousser son propre bateau jusqu’à l’Amazone et éviter les pièges de cette nature brute aux bancs de sable farceurs, il est préférable de rejoindre un rallye comme celui des Iles du Soleil. En 2014 et 2015, les volontaires partiront avec leur bateau personnel de Madère, direction le Brésil. Nul besoin de compétences particulières en navigation: la remontée se fait en convoi, à moins de 7 nœuds, et derrière un bateau accompagnateur. Mais pour plus de confort, les amoureux du fleuve peuvent également se tourner vers une compagnie de croisière, comme celle des Iles du Ponant. Enfin, cet automne a eu lieu une remontée hors du commun. Sarah Hébert, championne de planche à voile au cœur d’aventurière, s’est lancée dans la chaleur de la jungle pour 25 jours de navigation. Son embarcation ? Une simple rame et une planche de stand up paddle. La jeune femme évoque des eaux émeraude, une nature luxuriante et des rencontres humaines marquantes, mais aussi des installations humaines qui menacent cet écrin de nature brute. Elle prépare un documentaire sur son expédition pour la fin de l’année 2013.

 

 

Carnet pratique :

 

Rallye des îles du soleil.

La Compagnie des Iles du Ponant

Les premières images de l’expédition de Sarah Hébert


SERVICE:
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 3264**.
Recevez la newsletter
tous les jeudis
* 3201 : Prévisions pour la France - 2,99€ par appel   ** 3264 : Prévisions pour le Monde - 2,99€ par appel
Fermer
Recevez chaque jeudi les coups de coeur de la rédaction