L'ombre de Xynthia flotte sur nos côtes

Vendredi 31 janvier 2014 à 07h30

Le littoral Atlantique est en alerte aux inondations ce week-end avec un cocktail explosif de forte houle, de coup de vent et de sols gorgés d'eau. Faut-il s'attendre à un nouveau Xynthia, la tempête meurtrière qui a ravagé nos côtes il y a presque quatre ans ? Le point avec Pierre Huat, prévisionniste pour Météo Consult.


Une dépression très creuse, venue du sud de l'Islande et se dirigeant vers l'Ecosse, engendre ce week-end de puissantes vagues, de 10 à 15 mètres, sur l'ouest de la Manche et l'ensemble de la facade atlantique. Ajoutons à cela de hauts coefficients de marées, un régime dépressionnaire qui nourrit une surcôte et des vents de 100 à 110 km/h, et voici le risque submersions marines qui vire au orange. Or ce phénomène est justement celui qui provoqua les dramatiques inondations lors de la tempête Xynthia.

"En février 2010, la dépression était née dans l'Atlantique subtropical avant de se creuser en remontant vers les côtes portugaises et de se muer en tempête rapide, intense et profonde", rappelle Pierre Huat. Le phénomène était caractéristique des "cyclogenèses explosives". L'oeil de la dépression avait alors touché terre au niveau des Pays de Loire, dans la nuit du 27 au 28 février à 2 heures du matin, avec des vents de 120 à 160 km/h. " Conjugués à une marée haute de fort coefficient, ces vents orientés au sud-ouest ont engendré une très forte houle de 8 mètres qui a frappé de plein fouet une zone littorale située au niveau de la mer, les polders des Charentes et de Vendée, poursuit Pierre Huat. L'onde de tempête avait entraîné la rupture des digues et provoqué de graves inondations." Certaines communes littorales ont été submergées et dévastées par la marée de tempête tandis que les eaux inondaient de vastes surfaces à l'intérieur des terres, sans pouvoir refluer vers la mer. "Or la forte dépression de ce week-end n'arrive pas du tout dans le même contexte." D'abord par sa localisation et par le fait que son oeil se situe au niveau de l'Ecosse, ensuite parce que que la situation ne sera pas tempétueuse, comme lors de Xynthia, avec des vents qui atteignent au maximum les 110 km/h ce samedi sur nos côtes. L'effet d’aspiration des basses pressions ne se fera pas ressentir comme en 2010. Mais les vagues de ce week-end sont très dangereuses en raison de la longueur du train de houle, créé par la forte dépression Nadja sur les îles britanniques. "Associées à des coefficients de marée plus importants que lors de Xynthia (114 sur 120 ce samedi), les risques de surcote seront au maximum malgré une situation bien différente de celle de 2010", assure Pierre Huat.

Enfin, la semaine prochaine sera aussi à surveiller puisque le flux d’ouest dépressionnaire se confirme avec un risque non négligeable de coups de vent successifs voire de tempête pour le week-end suivant. Dans ce cadre, combiné à de fortes pluies de nouveau et avec des coefficients encore élevés (bien qu’en baisse), le risque d’épisode de submersions marines sera encore d’actualité.


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