L’Hermione, de fil en aiguille

Vendredi 14 février 2014 à 15h04

Deuxième épisode de notre série sur les métiers de l'Hermione avec l’une des voilières de cette frégate de 65 mètres, reconstruction d’un navire de guerre du XVIIIe siècle.


crédits photo: Association Hermione La Fayette

Anne Renault s’est formée à la voilerie traditionnelle au début des années 90. « C’est un concours de circonstances, nous assure-t-elle pour expliquer sa formation en voilerie aussi bien que son arrivée sur le chantier de l’Hermione. » Anne Renault a très tôt navigué sur des bateaux traditionnels grâce à son père, marin de commerce et auteur de Bateaux et métiers de la pêche en Basse-Normandie. En 1990, alors qu’elle vient d’intégrer une prépa pour les Beaux-Arts, elle entend parler de l’ouverture d’un CAP voilier. « J’ai tout de suite été enthousiaste, commente-t-elle. Tout ce travail manuel me passionne, j’aime concevoir une voile et la voir naviguer sur des bateaux qui ont quand même une sacrée gueule. »


Anne Renault ressuscite un métier disparu

 

Le CAP lui apporte l’aspect théorique mais elle apprend surtout auprès de deux passionnés qu’elle surnomme ses « papis voiliers ». «Ils ont eu la générosité de transmettre leur savoir-faire, ces petits gestes qui me permettent de travailler aujourd’hui sur l’Hermione, détaille-t-elle. Tout cela sachant qu’ils m’ouvraient les portes d’un milieu quand même macho. Moi je n’avais qu’une petite vingtaine d’années, je découvrais tout. » Ces deux professeurs sont désormais décédés mais l’un d’eux, Monsieur Sevestre, a eu le temps de découvrir le travail de sa protégée sur l’Hermione. « Il y avait une espèce de fierté des deux côtés », se souvient Anne Renault. D’autant que la voilière a retrouvé un savoir-faire que les deux papis voiliers avaient eux-mêmes perdu au cours de leur carrière professionnelle, avec l’arrivée du nylon. « J’ai repris un métier qui appartenait au passé », résume-t-elle.

Pour son entrée sur le chantier de l’Hermione, Anne Renault évoque d’abord ses contacts avec les passionnés de l’association Hermione, depuis son passage au port-musée de Douarnenez, puis l’exposition d’un bateau au Grand Pavois en 2003. « Je suis allée visiter le chantier et le timing était parfait, note-t-elle. En juillet 2004, je commençais à travailler sur le chantier. »

A l’Arsenal, Anne Renault s’occupe des finitions après les découpes de la voilerie Incidences - une entreprise qui fait le grand écart entre le lin de l’Hermione et la haute technologie des bateaux de compétition d’aujourd’hui - et celui de la Voilerie Burgaud, déjà centenaire. «Toute seule, je ne m’en sortirais pas », explique Anne Renault. L’Hermione est doté de 19 voiles pour une superficie de toile de 2 200  m2 et elle les a travaillé au sol, sans vue d'ensemble avant la première navigation. En parallèle de ce travail exigeant, Anne Renault s’agite dans son atelier de Fouras. Elle y crée des voiles pour des bateaux de toutes tailles et même pour les coques de noix du carrousel sur l’île de Nantes. «  Mon plus petit bateau, précise-t-elle. J’ai aussi posé la toile pour le grand éléphant ». La voilerie traditionnelle n’est pas dépourvue de fantaisie !

 

Première publication de ce portrait le 14 avril 2013

 

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Episode 1, forgeron

Episode 3, charpentier
 


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