Protection de l'environnement: sous l’ancre, la vie

Jeudi 20 février 2014 à 07h34

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A la surface, le décor est idyllique : une petite baie de Méditerranée bien abritée des vents dominants, sauvage, aux eaux cristallines. Un endroit rêvé pour le mouillage.


Zones de posidonies et de sable, plus claires, se distinguent très nettement depuis la surface. Crédit photo : Julien Collet

Aujourd’hui, il n’y a qu’un bateau, c’est une chance ; d’autres jours, dans d’autres endroits, quand la saison touristique bat son plein, ce sont parfois des centaines de plaisanciers qui veulent, eux aussi, s’ancrer dans ce genre de paradis. La plaisance explose et ce n’est pas sans conséquence sur le milieu marin : les ancrages répétés (et les dommages causés par la chaîne, qui racle le fond dans la zone d’évitement…) ont un impact sur les espèces fixées et dégradent les habitats. En Méditerranée, l’herbier de posidonie (Posidonia oceanica) est particulièrement touché : des études ont montré qu’un seul ancrage dans l’herbier pouvait arracher jusqu’à 250 feuilles à la plante ! Car la posidonie n’est pas une algue mais bien une plante marine, qui fait des fleurs et produit des fruits ! Elle joue un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes littoraux méditerranéens.
 

Ancrer est aussi le meilleur moyen de propager les caulerpes envahissantes : Caulerpa taxifolia et Caulerpa racemosa sont des algues invasives, à la croissance rapide (1 cm par jour en été pour taxifolia), qui se développent sur tous les types de substrat et tendent à homogénéiser les fonds et à éliminer les espèces endémiques de faune et de flore. Elles ont été introduites par l’homme dans le milieu marin. La première est repérée en 1984 devant les côtes monégasques, la seconde est aperçue pour la première fois en 1990 devant le port de Tripoli en Lybie. L’une et l’autre se sont rapidement acclimatées à la Méditerranée et prolifèrent sans vergogne depuis (en 2011, taxifolia était présente sur les côtes de 7 pays méditerranéens, racemosa sur celles de 14 pays méditerranéens et signalée en Atlantique, dans l’archipel des Canaries).

 

Moindre impact

 

Des solutions simples existent. La première est de choisir de préférence une zone de sable pour ancrer. Celle-ci est facilement repérable depuis la surface, par sa couleur claire.
Ensuite, l'utilisation d'un orin évite le raclement du fond. Cette petite bouée fixée à l'ancre par un bout marque sa position sur l’eau. Elle permet de tirer l’ancre verticalement et ainsi de minimiser l’impact en la remontant. Il existe également sur le marché des ancres écologiques pour la plaisance, moins perturbantes pour le substrat. Les sites les plus fréquentés du littoral sont équipés de mouillages organisés, fixes ; des bouées spécifiques sur lesquelles les plaisanciers viennent s’amarrer. Les corps morts en béton, longtemps utilisés, provoquaient des perturbations des fonds (courants induits). Aussi cette technique est-elle peu à peu abandonnée par les collectivités et les gestionnaires au profit de dispositifs moins agressifs pour le milieu, comme les « vis à sable ».


Enfin, si vous remontez des caulerpes sur votre ancre, récupérez-les et jetez-les dans une poubelle à terre. Vous pouvez également les localiser et prévenir l’Observatoire marin de Cavalaire-sur-mer, qui conduit depuis plus de dix ans des campagnes d’études et d’éradication des caulerpes dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, tél. 04.94.00.46.25. ; www.observatoire-marin.com

 

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