Apnée: Stéphane Mifsud, homme poisson

Samedi 8 mars 2014 à 16h29

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VIDEO - Deuxième épisode de notre série sur les apnéistes, des sportifs chevronnés qui portent haut les couleurs d'une discipline popularisée par Le Grand Bleu de Luc Besson. Honneur au recordman absolu : Stéphane Mifsud a cessé de respirer pendant 11 minutes et 35 secondes.


Nous le rencontrons à l’issue d’une conférence de présentation de son sport au grand public. Il navigue entre ses souvenirs d’enfance -premiers pas naturels dans le monde de l’apnée en pêchant, sur les pas de son père, dans les eaux translucides de La Réunion – et ses techniques d’entraînement. Il a montré au public la souplesse étonnante de sa cage thoracique et ses astuces pour avaler de l’air, un peu comme une pompe à vélo, lorsqu’il n’y a plus un seul millimètre cube de libre dans ses poumons. Le sportif peut stocker 11 litres d’air soit une capacité deux fois supérieure au commun des mortels. C’est une force de la nature qui étonne. En juin 2009, dans sa piscine, il est devenu recordman mondial d’apnée statique avec un temps de 11 minutes et 35 secondes, soit plus d’une minute de plus que le précédent record, un an plus tôt. Personne n'a fait mieux depuis. Lui, ne souhaite pas se lancer dans une nouvelle chasse au record pour le moment. Lors de sa préparation, l’intensité des entraînements lui avait fait perdre huit kilos en six mois. « Je crois qu’aujourd’hui, je n’aurais pas pu aller plus loin, assurait-il le jour J. J’ai ouvert des portes que je n’avais jamais ouvertes. C’était certes grisant, mais j’étais au maximum de mes limites. » Près de cinq ans plus tard, il observe également que cette envie ne reviendra pas tant que son record n’aura pas été battu.


Un voyage hors du temps
 

Le petit garçon qui restait 4 minutes 30 en apnée statique à 11 ans, à force d’aller chercher les poissons toujours plus profond, a dû se plier à un entraînement colossal pour battre le record du monde. « Il faut des mois de préparation pour passer de pseudo terrien à apprenti poisson », explique-t-il. Il rappelle que pour passer des cinq minutes d’apnée de Jacques Mayol à son propre record, « l’homme n’a pas évolué mais la science et la discipline, oui. » Il dit se préparer à un voyage. « C’est un peu comme la navigation à la voile, on ne fait pas un tour du monde en une fois : on commence par des traversées océaniques, on révise ses gammes petit à petit… » Pour cela, il enchaîne les activités d’endurance sur terre : des kilomètres avalés à pied, à vélo ou sur les courts de tennis. Jusqu’à la violence nécessaire pour affronter un record. Sous l’eau, il se sent bien jusqu’à près de 5 minutes. Puis l’envie de respirer monte petit à petit, jusqu’à devenir insoutenable. « Les premières minutes correspondent au temps que je réalisais à 11 ans mais, déjà à cette époque, je me forçais pour rester le plus longtemps possible sous l’eau », remarque-t-il. Sous l’eau, il se méfie de la narcose, qui trompe l’apnéiste en mélangeant minutes et secondes, et pratique intensément l'auto-hypnose pour tromper sa nature de terrien. Le plus compliqué étant les dernières secondes, lorsque l'apnéiste cherche à grapiller un peu plus de temps sous l'eau tout en gardant assez d'énergie pour remonter et faire signe à l'assistance que tout va bien.

 

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