Concarneau, capitale éphémère de la course au large

Mercredi 2 avril 2014 à 08h28

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La cité finistérienne accueille jusqu'à dimanche le départ de la Transat AG2R La Mondiale.


Concarneau en Bretagne, France / La Chaîne Météo

C'est un événement phare de la ville. Tous les deux ans, c'est tout le coeur de Concarneau qui bat au rythme de la Transat AG2R La Mondiale et de ses marins qui partent à destination de l'île de Saint-Barthélemy. Cette année encore, les 15 voiliers au départ sont amarrés sur le Quai Est, derrière les remparts de la ville close, et s'offrent au regard des passionnés ou simples passants venus prendre un bol de rêve et de large en ce début de printemps. Cette transat se court sur des monotypes Figaro de 10 mètres de long: autant le dire tout de suite, on n'est pas aux Sables-d'Olonne pour le départ d'un Vendée Globe ou à Saint-Malo pour le départ d'une Route du Rhum. Mais cette course occupe un créneau particulier dans l'imaginaire collectif et dans le coeur des coureurs: il s'agit en effet de la seule transat à armes égales. Ce concept sportif n'est pas un sophisme pour justifier la petite taille de ses bateaux ou pour justifier un événement à taille humaine, mais constitue bien l'ADN de cette course.

 

Pour courir et gagner la Transat AG2R, pas de course à l'armement, pas de recherche et développement sur les bateaux à terre: juste de l'entraînement et, une fois au large, c'est au marin de faire la différence.

Rien d'étonnant alors de voir débarquer en force cette année encore de grands noms de la course au large: Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam, Roland Jourdain et Kito de Pavant. Tous ont goûté aux frissons du multicoque ou du tour du monde sur un 60 pieds Imoca. Tous ont vécu l'ivresse des transats à 20 noeuds de moyenne ou des surfs à plus de 30 noeuds, mais ils reviennent, comme aimantés par cette course qui a la réputation d'être si dure et si tactique. Peut-être aussi comme un retour aux sources pour ces marins qui s'y sont illustrés avec brio: Michel Desjoyeaux l'a remportée en 1992, Roland Jourdain et Jean Le Cam, en 1994, et Kito de Pavant, en 2006.

«Cette transat est un événement incontournable pour la ville, explique Roland Jourdain, qui a élu domicile à Concarneau il y a trente ans. Concarneau est une ville où il y a un brassage intéressant et riche entre la pêche, la construction navale, la plaisance et la course au large.Cette transat met ces richesses à l'honneur. Sportivement, c'est pour moi une façon de revenir à mes premières amours, mais aussi de me confronter à la jeune génération et aux meilleurs régatiers au large.»

Car les vieux briscards auront fort à faire face aux piliers du circuit: Nicolas Lunven et Éric Péron (Generali), Gildas Morvan et Charlie Dalin (Cercle Vert) ou encore Thierry Chabagny et Erwan ­Tabarly (Gedimat). «Cette édition de la Transat AG2R La Mondiale s'annonce passionnante, confie Nicolas Lunven, le skipper du bateau Generali. C'est bien de voir que les anciens gardent de l'intérêt pour cette course sur laquelle les budgets sont limités, la bagarre passionnante et les écarts à l'arrivée souvent infimes.»

Pour rencontrer ces marins de légende, il faudra être vendredi à 18 heures sur le village de la course pour assister à la présentation officielle des skippers. Les quinze duos quitteront les quais dimanche à 11 heures, pour un départ à 13 heures. «Concarneau se prête bien à ce départ de transat, explique André ­Fidelin, le maire de la ville. Nous avons la chance d'avoir le port dans la ville, un village de course en plein centre, une proximité totale avec les hôtels et les restaurants. Nous attendons beaucoup de monde sur les quais ce week-end: c'est le début de la saison touristique et la population locale s'est vraiment approprié l'événement.»

 

L'occasion ou jamais de passer un week-end à Concarneau. Car la ville de Cornouaille est un haut lieu du tourisme en Finistère et a surtout les pieds au bord de l'une des plus belles baies de Bretagne. Concarneau incarne cette harmonie entre les différentes activités liées à la mer. La ville a d'abord grossi grâce au poisson, jusqu'à devenir le cinquième port français de pêche fraîche et le premier port thonier d'Europe. Le défilé des bateaux de pêche qui sont amarrés derrière la ville close et passent devant le village de la transat pour sortir en mer fait partie de la magie de la ville.

L'autre joyau de Concarneau se situe à une dizaine de milles devant la sortie de son port: il s'agit de l'archipel des Glénan, accessible par bateau à la journée. Le développement de l'école éponyme qui est devenue la première école de voile d'Europe fait aujourd'hui partie du patrimoine de la ville. Côté nautisme et course au large, si le développement de la marina de Port-la-Forêt, à la fin des années 1980, a aspiré une part de l'activité liée aux courses nautiques, Concarneau n'en est pas moins resté l'un des hauts lieux de la voile finistérienne. Son port de plaisance, situé au coeur de la ville, avec ses 767 places, accueille près de 25 000 plaisanciers par an. Un projet d'extension sur une partie du port de pêche est d'ailleurs actuellement à l'étude. Pour l'heure, s'ils se sentent bien ici, les 15 duos de marins de la Transat AG2R La Mondiale ont l'esprit déjà tourné vers le large, et une seule envie: quitter les quais et mettre le cap vers Saint-Barthélemy pour une nouvelle bagarre d'anthologie dont cette course a le secret. Une fois les voiliers disparus derrière la ligne d'horizon, il s'agira plus modestement pour nous autres terriens de profiter des charmes et plaisirs de l'une des plus belles villes de Bretagne sud.

 

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