Le printemps va-t-il sauver nos côtes ?

Lundi 5 mai 2014 à 05h51

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Chaque année, nos côtes sableuses maigrissent en hiver, sous l’action des puissantes vagues hivernales, avant de reprendre des rondeurs au printemps. Mais cette année, les géologues craignent de ne pas revoir le sable perdu pendant les infatigables tempêtes de l’hiver.


Crédits photo: AFP

Depuis toujours, la physionomie des côtes varie en fonction des saisons. Les puissantes vagues tempétueuses, les rafales et les grandes marées mangent le pied des dunes et aplanissent les plages en hiver. Mais cet hiver fut exceptionnel. « Nous avons une base de données d’une trentaine d’années et nous n’avons pas retrouvé d’événements aussi énergétiques, rapporte Cyril Mallet, géologue chargé de mission littorale en Aquitaine (BRGM). Nous avons relevé plus de 25 événements avec des conditions de houles supérieures à cinq mètres et il y a eu très peu de répit entre deux événements sur une longue période, de mi-décembre à début mars. » Le pied de dune du Pilat a perdu quatre à cinq mètres cet hiver, côté mer, contre un à deux mètres en moyenne en temps normal, avec une forte baisse d’altitude. Le géologue a observé une érosion quasi-généralisée de la côte sableuse aquitaine. « Habituellement, l’érosion hivernale est plus localisée. » Les dégâts s’étendent sur toute la façade Atlantique avec le recul du cordon dunaire à plus de 10 mètres sur la côte charentaise. Les îles d’Oléron et de Ré ont fortement souffert. Aujourd’hui, les vagues de beau temps rechargent les côtes sableuses, en rabattant du sable parti au large cet hiver, et l’érosion se stabilise. Mais les géologues craignent maintenant que l’équation soit négative à la fin de l’été car du sable évacué cet hiver pourrait être parti trop au large. Un nouveau rapport de l’observatoire de la côte aquitaine permettra de dresser un premier bilan à l’automne.


Des bancs de sable disparus
 

En hiver, les dunes alimentent les plages qui sont à leur tour écrémées par les vagues et le sable part au large. « Cela forme un bourrelet qui limite l’action de la houle, précise Cyril Mallet. Mais cette année, les barres sous-marines sont parties de façon extraordinairement loin vers le large. Elles ne pouvaient plus assurer leur rôle de brise-lame protecteur et les vagues ont attaqué de façon plus importante le trait de côte. » Les conditions étaient telles l’hiver dernier que les scientifiques n’ont pas pu localiser les bancs de sable au large. Ils commencent maintenant à se reformer avec le retour du printemps mais l’ensemble du sable évacué cet hiver pourrait ne pas revenir sur les plages en raison d’une trop grande dispersion. Cyril Mallet sera donc vigilant jusqu’à l’automne mais il se veut plutôt optimiste. « Il ne faut pas être catastrophiste car le recul observé cet hiver peut avoir été gagné au cours des vingt dernières années. » Les installations de préservation des côtes sableuses sont efficaces depuis plusieurs années. Le géologue cite notamment le dispositif de l’Office national des forêts. « En tant que géologue, je sais que le milieu naturel a une certaine capacité à se reconstituer », conclut-il.
 


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