Cap Horn à la voile : le meilleur bateau, c'est celui des autres

Dimanche 1 juin 2014 à 11h14

Le passage du mythique cap Horn nécessite du temps, une solide expérience maritime et un voilier capable d'affronter les mers sévères du Grand Sud. A défaut, les plaisanciers peuvent choisir d'embarquer sur un voilier familier de ces parages.  


Sous licence creative commons idnas71

Ils sont une poignée. Des yachts du monde entier arrivés à Ushuaïa ou Puerto Williams (sa voisine, côté chilien du canal de Beagle). Leurs propriétaires, aimantés par les canaux de Patagonie, n'ont pas réussi à en repartir. Français, Belges, Canadiens, Américains, Néo-Zélandais ou Anglais, ont équipé leurs voiliers des rouleaux d'amarres, du chauffage, des voiles et des moteurs qui leur permettent de parcourir ces latitudes en se tirant des « furies » qui tombent des montagnes ou accourent des deux océans.

Ces skippers embarquent des passagers payants pour des virées d'une à quatre semaines à la pointe occidentale de la Terre de Feu, parmi les glaciers et dans les archipels des Wollaston et du Cap Horn. De novembre à avril, durant l'été austral, une quinzaine de voiliers accueille ainsi des passagers venus des quatre coins de la planète. De mouillage en mouillage, au gré d'une météo volage, le moins expérimenté des matelots peut ainsi « passer le Horn ».

 

Tu me réveilles quand on voit le Cap ?

 

Ce matin-là, au quai d'Ushuaïa, deux voiliers s'apprêtent à larguer les amarres. À bord de Vaihere, Claude et Éric Dupuis, accompagnés de leurs deux filles et d'Aurélien, le marin qui les seconde, achèvent les préparatifs. Après trois voyages en Péninsule Antarctique et avant leur périple d'été vers la Polynésie, ils ont embarqué neuf nouveaux équipiers pour un circuit « Cap Horn glaciers » de quinze jours. Parmi la petite troupe qui photographie les sommets enneigés, les phoques et les dizaines d'oiseaux entourant la goélette de vingt-trois mètres, certains n'ont jamais mis le pied sur un bateau. D'autres, la plupart, sont déjà de bons marins mais n'ont ni le temps, ni les moyens d'effectuer cette navigation sur leur propre voilier. Ils ont donc choisi de réaliser leur rêve à bord de Vaihere.

Depuis vingt ans, Éric navigue dans ces eaux. Il fait partie des familiers de ces latitudes et compte plus de quarante-cinq voyages en Antarctique. Il a ses habitudes dans les îles Lennox et Navarino, où il aime attendre la « fenêtre » pour rallier le Horn. Cette fois, il passera trois jours à Puerto Torro et Puerto Williams, entre randonnées et rencontres, avant de filer vers les îles Wollaston, dentelles de roches noires que survolent les Albatros. Un mouillage encore et les dauphins escortent la goélette vers le Horn. Tout dessus dans la brise, la côte déroule ses méandres. « Tu me réveilles quand on voit le Cap ? » demande un équipier sous le coup du décalage horaire.

Derrière les écueils d'une dernière pointe apparaît la silhouette familière. Le temps de prévenir le dormeur et tous, en silence, saluent la falaise géante, aride et solitaire. Demain, nous monterons jusqu'au phare et rencontrerons le gardien et sa famille, seuls habitants de cet îlot battus par le temps, que les marins d'hier peinaient tant à doubler, avant de rallier les ports de Valparaiso ou de Californie. Vous avez dit mythique ?


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