Course au large: Les 50 ans d'une victoire clef

Jeudi 19 juin 2014 à 06h05

VIDÉO - Le 19 juin 1964, un jeune officier de marine nationale inconnu du grand public, Eric Tabarly, s'imposait sur le terrain de jeu des Anglais. Avec sa victoire sur le 2e édition de la Transat anglaise en solitaire, il déclenchait une passion tricolore pour la course au large, qui ne devait plus faiblir.  


Lors de l'arrivée d'Eric Tabarly à Newport, 27 jours, 3 heures et 56 minutes après avoir quitté le port anglais de Plymouth, la surprise est totale. Y compris pour le jeune Français qui ignorait tout de sa position avant d'arriver à quelques dizaines de milles de la ligne. "You're first!", lui lance alors un marin du bateau-feu. A des années lumière des courses ultra-médiatisées d’aujourd’hui, cette deuxième édition de la Transat anglaise impose la patience. Pourtant, l'exploit est énorme: Eric Tabarly devance largement les 14 autres concurrents, dont le favori britannique Francis Chichester qui avait survolé la première édition quatre ans plus tôt. La nouvelle occupe aussitôt la une des journaux français aussi bien que les ondes des radios et télévisions. Et le monde politique se mobilise. Fait chevalier de la Légion d'Honneur par le général de Gaulle dès son passage de la ligne, le jeune officier de marine sera félicité en personne par le chef de l’État au Salon nautique de Paris quelques mois plus tard. Eric Tabarly est le nouveau héros national. Avec son physique de loup de mer - sourire timide, réponses économes en mots et modestie désarmante - il embarque les Français vers le large. 

 

La naissance d'un audacieux héros

 

Avant la course, Eric Tabarly est un jeune militaire, engagé dans l’aéronavale pour payer la rénovation de son bateau de cœur, celui sur lequel il a tiré ses premiers bords lorsqu’il n’était qu’un bambin : Pen Duick. Sur son temps libre, il rejoint les navigateurs anglais et quelques pionniers français pour régater sur la Manche. En France, la course au large est une discipline méconnue. Mais le jeune Eric Tabarly croit à ses chances de victoire face aux champions anglo-saxons. Pour s’aligner sur la Transat anglaise, il a même dessiné un ovni : alors que ses 14 rivaux assurent qu’il faut naviguer lourd, avec des coques en bois, le jeune marin impose le contraire. Pen Duick II, avec sa coque en contreplaqué et polyester, pèse deux fois moins lourd que ses concurrents. « Aujourd’hui, on reconnaît qu’un bateau léger offre moins d’inertie au choc, remonte mieux au vent et à la mer, et « fatigue » moins qu’un bateau lourd », commentait alors le constructeur du bateau, Gilles Costantini, dans les pages de Paris Match. Alors, sur les quais de Plymouth, port de départ de la Transat, Eric Tabarly commence déjà à faire parler de lui. Les spectateurs restent même bouche bée au premier coup de canon, lorsque le jeune marin envoie son spi de 82 m2 dès les premières encablures. Une première. Eric Tabarly a déjà réussi à imposer le respect au départ de Plymouth. Pourtant, cette première transatlantique en solitaire à la barre de son navire ne sera pas de tout repos pour le jeune marin, confronté en milieu de parcours à la panne de son pilote automatique. Eric Tabarly doit fractionner son sommeil jusqu'au bout de ses limites. Mais il impose dès cette première course sa détermination sans faille et file vers la ligne d'arrivée. Sa victoire est d’autant plus marquante que le marin n’a pas imité les champions anglo-saxons: il a imposé sa marque de fabrique. Il devient alors la figure tutélaire de la voile française, capitaine des marins qui ont marqué la course au large depuis lors. D’Olivier de Kersauson à Michel Desjoyeaux, en passant par Titouan Lamazou ou Philippe Poupon, la liste des équipiers qu’il a formés est un véritable Who’s Who de la voile française. Le chemin parcouru depuis ce 19 juin 1964 donne le vertige.

 

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